Si je traverse les ravins de la mort…

Message de notre évêque

Chers Frères et Sœurs,
Les inondations de plus en plus catastrophiques de ces derniers jours ont provoqué de grandes souffrances dans la population de notre province.
De nombreux endroits sont inondés, comme les centres-villes d’Eupen-bas, de Verviers, de Spa, de Theux, de Chaudfontaine, de Chênée, d’Angleur.
La ville de Liège est menacée aussi.
Nous déplorons le décès de plusieurs personnes.
Nos autorités font le maximum pour venir en aide à chacun, nous les en remercions de tout cœur.
Elles sont évidemment limitées dans leurs moyens par la violence des éléments naturels.
Merci aussi à tous les bénévoles qui s’emploient à secourir leurs proches.
L’angoisse étreint beaucoup de familles au vu des dégâts dus aux eaux et sous la menace d’une crue plus forte encore. C’est pourquoi nous invitons chacun à la solidarité avec ses proches et
avec les personnes dans le besoin. Les locaux paroissiaux ou les églises peuvent être mis à la disposition des personnes nécessiteuses s’ils sont protégés contre les eaux.
Malheureusement de nombreuses églises sont inondées à leur tour.
Que cela ne nous empêche pas de nous porter mutuellement dans la prière.
Vous trouverez ci joint un texte de prière préparé par l’abbé Pierre Hannosset, curé de l’UP Notre-Dame des Sources – Chaudfontaine-Trooz, et disponible sur le site http://www.ndds.be/…/Annoncer/meditations/2021-07-14b.pdf.
Merci à lui de nous aider à prier en ces temps pénibles, à garder espoir et confiance dans l’épreuve.
Soyons confiants dans la force du Seigneur, communiquée à nous par son Esprit-Saint.
Prions par l’intercession de Marie, la Vierge des Pauvres,
elle qui nous a précédés dans la voie des épreuves et qui nous protège dans l’adversité.
Courage à tous !
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège,
jeudi 15 juillet

Ce mardi 20 juillet, journée de deuil national
– la messe de 9h00 à Aywaille Saint Pierre sera célébrée pour les personnes mortes
à cause de ces inondations, dans notre UP comme ailleurs dans la province.
Elle sera aussi en communion avec ceux qui ont tout perdu.

Ce mercredi 21 juillet, fête nationale
– le « Te Deum » n’aura pas lieu, il a été annulé, en raison des circonstances.
Nous prierons pour notre pays et nos concitoyens lors des messes de 9h à Aywaille et Sprimont.
Il n’y aura pas de messe le soir à Awan.

Dans les semaines et les mois qui viennent, la conférence de Saint Vincent de Paul sera sans doute
sollicitée par ceux qui ont tout perdu. Comme toujours, elle les aidera à « tenir le coup » et à traverser cette nouvelle épreuve ! Ne les oublions pas !

déconfinements…

Nous avions espéré que la limite de quinze personnes dans nos églises serait dépassée pour Pâques… Las, il a bien fallu se rendre à l’évidence : nous avons dû célébrer Pâques en (trop) petit comité !

La « jauge » de 15 personnes reste maintenue, probablement jusqu’à fin mai, à l’intérieur des églises !
Mais, à l’extérieur toutefois, on pourrait célébrer avec 50 personnes dès le 8 mai, si les conditions sanitaires le permettent. C’est ce que le Codeco nomme son « plan plein air ».

Pour les funérailles, il est permis d’accueillir 50 personnes à l’intérieur, mais en respectant la clé « 1 personne pour 10 m² » (soit à Awan, 34; St Pierre, 23; Banneux, 19; Deigné, 20; Dieupart 50; Dolembreux, 12; Florzé, 20; Fraiture, 15; Gomzé, 15; Hornay, 22; Lincé, 16; Louveigné, 48; Nonceveux, 25; Sougné-Remouchamps, 35; Sprimont, 40)

L’équipe pastorale examine l’organisation des professions de foi. Celles prévues le 25 avril sont reportées.
Le 2 mai, à Banneux, elles devraient être maintenues (avec 15 participants de plus de 12 ans !).
Le 9 mai, on proposera une célébration en extérieur pour des groupes de 10 communiants (ce qui permettrait la participation de 5-6 adultes par communiant)… La situation des premières communions sera abordée avant le 1er mai… Le temps est à la créativité et à l’originalité ! Beaucoup de parents l’ont compris.
Il est probable que, comme en 2020, une célébration soit organisée également à la rentrée scolaire.

« Nous voudrions VOIR Jésus »

Homélie du 5e dimanche de carême B

Ce désir des grecs en pèlerinage à Jérusalem, c’est Philippe qui le transmet à André, et tous les deux vont le dire à Jésus. Nous avons là comme un résumé limpide de l’expérience chrétienne : rencontrer Jésus, une rencontre qui passe par des personnes. On n’arrive pas à Dieu sans passer par les autres.

Nous pouvons ce dimanche nous poser une première question : par quel chemin(s) avons-nous rencontré Jésus ? Par quelle personne, quelle conversation, quelle souffrance traversée ou quelle joie, par quelle prise de conscience ? Nos réponses nous aiderons à rendre grâce à Dieu et à nos frères !

Philippe, quant à lui, manifeste quelque chose de la mission du chrétien dans le monde : le croyant est appelé à « montrer Dieu », à être comme un « agent de liaison » entre l’homme et Dieu.

Il ne s’agit pas nécessairement de « faire quelque chose », mais d’être, d’une manière telle que les autres – en nous voyant – peuvent cheminer vers Dieu.

Nous pouvons nous poser deux autres questions qui seront comme un « examen de conscience » en ce temps de carême. « Avons-nous été chemin de rencontre avec Dieu, ou un obstacle sur ce chemin, entre nos frères et Dieu ?

Les grecs voulaient « voir Jésus » ; mais il ne peut s’agir de chercher à le voir par simple curiosité ! Hérode lui-même a souhaité voir Jésus. « Voir Jésus », c’est vraiment pénétrer le secret de Dieu, voir de Jésus le mystère de sa personne… et c’est sur la croix que se révèle vraiment sa gloire !

Intérioriser le mystère de Jésus en regardant un crucifix « les yeux dans les yeux ». Voir ce Dieu qui s’est fait homme et est descendu « au plus bas » de l’homme, cet homme qui ests devenu obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur une croix. C’est ainsi qu’il est devenu cause de notre salut éternel, pour l’humanité de tous les temps et de toutes les latitudes.

Ce cinquième dimanche de carême, et ce passage d’évangile qui nous montre un Jésus troublé face à sa mort toute proche, c’est aussi notre entrée dans le temps liturgique de la Passion.

Cette passion de Jésus est bien évidemment un temps de souffrances ; mais il est aussi le temps de cet amour passionné qui pousse Jésus à se donner tout entier pour notre salut.

C’est en passant par la solitude du tombeau, comme le grain de blé tombé en terre, que Jésus se fait « promesse de vie ». Il faut mourir afin de vivre !

Serai-je une semence perdue dans une armoire, stérile ?

Ou serai-je prêt à mourir, et à devenir ainsi porteur de vie et d’avenir ?

Dans son évangile, Saint Jean unit l’élévation de Jésus sur la croix et son entrée dans la gloire du Père. « Lorsque je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes »

Il exerce sur nous tous une attraction. Mais alors que l’attraction terrestre peut détruire ce qui s’approche trop de la terre (en l’écrasant à sa surface)… l’attraction de Dieu sur nous c’est pour nous tirer vers le meilleur, nous attirer vers la plénitude de notre être.
Toute vie d’homme peut devenir une montée, une rencontre, un rendez-vous avec Dieu.

C’est cet objectif que nous sommes invités à montrer, en faisant ce pas nous-mêmes, à la suite de Jésus !

Jean-Pierre Leroy

Levons les yeux vers Lui

Homélie pour le quatrième dimanche du carême (B)

Serties dans l’évangile que nous venons d’entendre, des paroles de feu : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais obtienne la vie éternelle »
Nous avons là le cœur battant de l’évangile à mes yeux ! Même quand une situation semble désespérée, Dieu intervient, il offre à l’homme le salut et la joie.

1. Souvenons-nous du Peuple de Dieu en exil à Babylone. Il relit son histoire et constate qu’elle est tissée de se infidélités à la loi de Moïse (que nous avons entendue la semaine dernière).
Il pense que Nabuchodonosor a été le « bras de Dieu » pour punir son peuple de son infidélité.
L’exil devient donc une mise à l’épreuve… et il le sera, permettant au Peuple d’approfondir et de renouveler l’Alliance conclue par ses pères. Il faut bien sûr rester prudent avec ce type de langage : la pandémie, assurément, n’est pas une punition de Dieu. Néanmoins, elle est probablement une conséquence de certains de nos comportements face à la terre qui nous abrite, aux autres créatures et à nous mêmes ! Nous nous sommes comportés comme des invincibles, assurés d’être à l’abri des épidémies et autres phénomènes naturelles qui frappent l’ensemble de notre terre… mais pas nous. Nous avons avancé en « pays conquis », ignorant un peu trop vite que nous sommes une pièce d’un puzzle… solidaires de tout le reste ! Mais cela ne fait pas de la pandémie une « punition divine »…
Pour le Peuple en exil, c’est Cyrus qui sera le « Messie », l’envoyé de Dieu… alors qu’il est païen ! C’est lui qui renverra le peuple à Jérusalem et fera rebâtir le Temple (tient, Jésus aussi se promettait de rebâtir le Temple…)

2. Paul, lui aussi, constate que « nous étions des morts, par suite de nos fautes », mais « à cause du grand amour dont il nous a aimés, Dieu nous a donné la vie avec le Christ » Dans l’impasse où nous nous trouvions, c’est Jésus qui a été pour nous et est toujours le Christ, le Messie, le Sauveur.

L’évangile nous le présente ainsi également. Faisant référence à une vieille histoire de l’Exode : au désert, le Peuple avait gravement péché contre son Dieu ; il s’était détourné de Lui. La punition : des serpents à la morsure brûlante déciment le peuple… Mais Dieu ne peut pas se résoudre à laisser mourir l’Homme dans son infidélité. Même nous, il ne veut pas que nous mourrions : il veut que nous nous convertissions pour vivre de Lui. Il est vraiment riche en miséricorde et ne désire que se donner. Cela ne tient pas à nos actes, mais c’est Dieu qui le veut.

3. Ce serpent élevé dans le désert, pour sauver tous ceux qui étaient mordus, n’est-ce pas la Croix de Jésus, le crucifié ? Lui aussi est élevé de terre, comme aime à l’écrire Saint Jean. Et celui qui lève les yeux vers lui sera sauvé.
La croix n’est pas un totem, ni un fétiche, ce n’est pas de la magie. Lever les yeux vers elle, c’est un acte de foi, de confiance en celui qui a donné sa vie sur la Croix !

Ne nous décourageons pas quand nous ne voyons que nos limites, nos faiblesses et nos péchés.
Le pire serait bien sûr de les ignorer, de les nier… Mais Dieu est là, tout proche de nous. Et Jésus a été élevé sur la croix pour nous guérir de la morsure du péché et de ses dommages collatéraux.
C’est çà, faire l’expérience de l’Amour de Dieu : regarder le crucifié et nous dire « Dieu m’aime, moi ! » Oui, c’est vrai !

Prenons la main que Dieu nous tend : il a fait les premiers pas vers nous. Regardons le Crucifié avec foi. Et allons de l’avant car Dieu ne regarde pas en arrière, il nous ouvre un avenir avec Lui, pour l’éternité !

Jean-Pierre Leroy