Paroisses-info (juin 2020)

Fête du Corps et du Sang du CHRIST.

Samedi 13 juin : 18h30 Deigné, pour les paroissiens.

Dimanche 14 juin : 9h30 Lincé : Marie, Marie-Thèrèse Labeye et p. def. ; Ulric Rouxhet, ép. Rouxhet-Leclerq, Lempereur-Beauvois, Remy et Albert Lempereur et p. déf. ; Théo Bruninx.

11h Remouchamps : Fd Emprardus le Braconnier – Véronique Lèbre & ses grands-parents Lèbre-Pirnay – Epx Lèbre-Bernard – Familles Dessy-Lesuisse et Neuforge-Pagnoul – Oscar Hausman & famille – Albert Louis et Marie-Thérèse Rousselle et familles – Marie-Thérèse Thiry – Abbé Philippe Lejeune.

11h Dieupart, pour les paroissiens.

12ème DIMANCHE ORDINAIRE DANS L’ANNE A.

Samedi 20 juin : 18h30 Nonceveux, pour les paroissiens.

Dimanche 21 juin : 9h30 Hornay : déf. f.Boutet-Hermans et Louis Rabeux ; Albert Mostade et déf. f. Mostade-Abinet ; fam. Gathon-Defgnée et p. déf. et âmes du purgatoire ; Abbé Philippe Lejeune.

11h Louveigné, pour les paroissiens.

11h Dieupart, pour les paroissiens.

13ème DIMANCHE ORDINAIRE DANS L’ANNE A.

Samedi 27 juin : 18h30 Florzé, pour les paroissiens.

Dimanche 28 juin : 9h30 Gomzé, pour les paroissiens.

11h Sprimont : Amadeu Da Silva Lopes ; José Da Silva Carvallo ; Joaquim Cardosou da Silva ; épx. Lambinon-Leclercq et fam. ; f. Monfort-Lebrun et p. déf. ; f. Loeltz-Wéber et f.Humblet-Lejeune et p.déf. ; fam. Jules Bosard-Saive et p. déf. ; fam. Gilles-Defgnée ; f.Grignard-Pirard et Gillet-Foguenne, Marie-Jeanne Grignard-Gillet ; Arthur Lessuisse et f. Daniel ; déf.fam. Pirard-Deglin et Charpentier-Wintgens ; Alexis Ponthier et fam. ; fam. Vitrier-Wathelet et Leruse-Wathelet.

11h Dieupart, pour les paroissiens.

Souviens-toi… du désert…

Il y a quelques mois, aucun.e d’entre nous n’avait imaginé que nous serions confinés… trois mois !  La plupart d’entre nous n’avait jamais connu cela.

Pendant ce temps, nous avons fait au moins deux constats :
1. Nous avons besoin les uns des autres : les grands parents de leurs petits enfants (et beaucoup en ont été privés!) ; les malades avec les soignants, mais aussi leur famille, interdite de visites!) N’est-ce pas cela que Saint Paul traduit en nous disant que « nous sommes un seul corps » ? Bien sûr, il parle de l’Église, de la communauté des chrétiens, à travers l’espace et l’histoire. Mais cela se vit également dans la communauté humaine, la société.
2. Manger le corps « eucharistique » du Christ : voilà notre nourriture, la source de notre vie chrétienne… et elle nous a manqué, l’eucharistie, la communion au Corps et au Sang du Christ.

« Nous avons tous part au même pain », continue Saint Paul… « c’est la chair de Jésus, donnée pour la vie du monde » lui répond Saint Jean.

Pendant trois mois,

depuis le 14 mars jusqu’à aujourd’hui, nous avons traversé le désert, comme les Hébreux l’ont fait, quarante ans, sous la conduite de Moïse. Comme eux nous avons souffert de la faim et de nos pauvretés.  Espérant chaque jour que ça allait bientôt finir !

« Souviens-toi de ta longue marche au désert » nous ne pouvons pas l’oublier, mais la garder, la ruminer, en tirer la sève : « le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire connaître ta pauvreté… il voulait savoir ce que tu avais dans le cœur » Ah oui, il a dû savoir ce que nous avions dans le cœur ! Nous avons connu la pauvreté et la faim spirituelles.

1. Loin de nos églises et des messes auxquelles nous étions peut-être trop « routiniers », loin des oignons et des concombres d’Égypte, nous avons dû nous habituer à la Manne, nous recentrer sur la Parole de Dieu écoutée (à travers les divers médias à notre disposition) ou lue, dans le secret de nos salons, de nos bureaux ou de notre chambre. Mais beaucoup ont développé aussi la fraternité, la solidarité, entre eux et avec ceux qui étaient plongés dans leurs problèmes…

2. Si la communion, les célébrations liturgiques, nous ont « manqué » n’est-ce pas parce que nous y recevons le « vrai pain qui vient du ciel » : « celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui ».

Il y a huit siècles,

une femme, une liégeoise originaire de Retinne a eu l’intuition de la Fête-Dieu que nous célébrons aujourd’hui. Julienne de Cornillon, car elle fût prieure de la léproserie de Cornillon, au pied de la côte qui mène à Robermont. Julienne a vécu aussi la « traversée du désert » : celui de l’incompréhension, de la suspicion. Traitée de folle, accusée de vol, même (soi-disant, pour promouvoir la Fête-Dieu, elle aurait vidé les caisses de la léproserie). Mais elle a tenu bon : Jésus demeurait en elle et elle en Lui !
C’est en 1246 que l’on célèbre pour la première fois la Fête-Dieu : à Liège, dans la collégiale Saint Martin. Parce que vivait là une « recluse ». La bienheureuse Eve de Saint Martin avait choisi de se retirer dans une petite pièce attenante à l’église, pour prier et demeurer proche de Dieu. Elle ne sortait pas, volontairement ; mais elle recevait beaucoup de monde, écoutait, accompagnait, priait.
Sainte Julienne était de celles qui la consultaient. Elle l’a beaucoup aidée dans son « parcours du combattant ».

Et nous, qu’avons-nous découvert…

…pendant ce confinement que nous n’avions pas choisi, ni même espéré ? Alors que nous progressons à pas feutrés dans le « déconfinement progressif » (notre rassemblement aujourd’hui en est un signe!), qu’est-ce qui remonte de cette « mise à l’épreuve » que nous avons vécue… plus ou moins bien ?

Prenons un peu de notre temps pour nous souvenir, pour y goûter…

Peut-être la faim de Dieu nous a-t-elle gagnés ?

Alors, goûtons avec délices le Pain de Vie qui nous est donné à nouveau : c’est Jésus, le Pain vivant descendu du Ciel. C’est Jésus, Dieu lui-même, qui vient jusqu’à nous. Ouvrons-lui grand les portes de notre cœur, de notre vie ! Amen.

Jean-Pierre Leroy
Fête Dieu, saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 14 juin 2020

« Quelle joie quand on m’a dit…

… allons à la maison du Seigneur » (Ps 121 (122)

Bonjour à tou.te.s,

comme annoncé par les différents médias, les célébrations religieuses reprennent ce lundi 8 juin, phase 3 du déconfinement progressif, et ce pour tous les cultes reconnus en Belgique.
Nous avons vécu ces trois mois comme un long carême de privation : nous ne l’avions pas choisi ! Mais la vraie privation n’est-elle pas celle qui s’impose à nous ?
Certes, des célébrations de qualité, retransmises par les médias et les réseaux sociaux nous ont permis de nourrir notre foi, de vivre spirituellement cette épreuve. Les propositions n’ont pas manqué.
Mais l’Église est d’abord « convocation », « Assemblée »… et cela nous a manqué !

Dès ce lundi matin, les messe de semaine ont repris dans les églises où elles sont habituellement célébrées (cf : https://www.egliseinfo.be/horaires/ekklesia%20semaine).
Dès samedi soir, 13 juin, fête du Saint Sacrement, Fête-Dieu chère aux Liégeois, elles reprendront également dans les églises où c’est prévu dans le dernier numéro d’Ekklèsia (cf : https://www.egliseinfo.be/horaires/ekklesia%20messe)

C’est une grande joie de vous revoir, de nous retrouver pour prier ensemble… mais la prudence reste de mise.
Je remercie les fabriciens, les sacristains, les paroissiens et les membres de l’équipe pastorale qui depuis quelques jours déjà mettent en place les « aménagements » qui nous permettront de nous retrouver
dans des églises sécurisées et le respect de tous (veillons bien les uns sur les autres !).

Du gel hydroalcoolique sera disponible à l’entrée de l’église : on vous demande de vous désinfecter les mains en entrant (après avoir ôté votre masque si vous ne souhaitez pas le porter à l’intérieur !)
Des personnes préposées à l’accueil vous indiqueront la place que vous pouvez occuper et devront vous refuser l’accès si toutes les places sont occupées ! (nous n’organisons pas à ce stade de « réservation » des places)
Par exemple, 54 emplacements ont été signalés dans l’église de Dieupart (où la messe de 11h00 sera célébrée chaque dimanche jusque fin septembre) : il y a donc place pour 54 « isolés », mais un couple, une famille ou des personnes habitant la même « bulle » peuvent occuper des places côte à côte… il y a donc plus que 54 places disponibles ! (maximum 100, toutefois, jusqu’au premier juillet)
Pour la communion, la démarche vous sera expliquée le moment venu pour assurer la sécurité sanitaire de tous.

Avant et après la célébration, nous vous demandons de ne pas vous attarder en vous groupant, mais bien de rester à distance « sanitaire » (le respect et la sécurité des personnes les plus fragiles étant une de nos valeurs principales …)

J’espère que nous pourrons ainsi nous retrouver vraiment et vivre notre foi avec une ferveur retrouvée… et partagée !

Belle semaine à vous !

jpl

Trois petits mots pour un seul Dieu

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle »

Je suis toujours ému quand je lis ce verset de l’évangile de Jean. (On peut le choisir lors des funérailles). En une phrase dont il a le secret, Jean « croque » pour nous toute l’histoire du salut. Et c’est à travers cette histoire, comme en filigrane, que se dit le mystère que nous fêtons ce dimanche : la sainte Trinité.
Le mot « trinité » n’apparaît pas dans l’Écriture sainte. Mais trois petits mots reviennent sans cesse, qui disent le Dieu unique de notre foi : Père, Fils et Esprit !

Père…

N’en déplaise à ceux qui n’aiment pas le premier testament, la première lecture en est tirée… et elle nous parle d’un dieu « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». Il faut apprendre par cœur cette petite phrase : elle est comme la « carte d’identité » de notre Dieu.
Et pourtant, cette révélation vient au plus mauvais moment de l’histoire. Pendant que Dieu donnait (une première fois) les tables de la Loi à Moïse, le peuple avait abandonné son dieu et adoré un veau d’or ! C’eût été l’occasion de manifester un dieu vengeur, jaloux… et de mettre en scène cette jalousie violente : détruire ce peuple perverti et recommencer avec du tout neuf, comme au temps de Noé. Mais l’intercession de Moïse a visé juste : l’arc de la vengeance, il est bien dans le ciel, Dieu avait promis de ne plus recommencer un déluge. Le peuple a la nuque raide, nous avons parfois « la nuque raide », nous aussi, mais Dieu pardonne et fait de nous son héritage.

Fils

Dans la belle prière eucharistique IV, qui retrace la grande histoire du Salut, nous reprenons presque les mots de Saint Jean : « Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu’il soit notre sauveur. »
Pour nous, le fils n’est pas d’abord celui que le père engendre dans l’éternité (engendré, non pas créé, disons nous avec le credo). Le Fils, c’est d’abord celui qui est l’envoyé du Père ! Le Fils, qui « a vécu notre condition d’homme… annonçant aux pauvres la bonne nouvelle du salut ; aux captifs, la délivrance ; aux affligés, la joie. »(P.E. IV) C’est la foi, la confiance en son Nom qui nous sauve du Mal.
L’œuvre de Dieu – Père, Fils, Esprit – son action dans l’histoire du monde et des hommes, voilà ce qui nous révèle les relations entre les trois personnes de la Trinité. (c’est ce que m’a appris l’étude de Saint Augustin et son traité sur la Trinité). Le Père a créé le monde, il nous a créé (comme nos parents nous ont « mis au monde »). Le Fils se reçoit du Père et vient accomplir au milieu de nous la mission qu’Il lui a confiée : non pas juger… mais sauver !

Et l’Esprit… ?

Il est parfois le « Dieu inconnu » (cf. Actes 17, 23)… l’oublié de la Trinité. On se représente facilement ce qu’est être père (même si cette image dans notre existence peut être « floutée » par notre expérience). Tous nous nous savons fils ou fille de quelqu’un (même si nous pouvons vivre cette relation comme une blessure ou un manque!). Mais l’Esprit ?
C’est Saint Paul, dans la deuxième lecture, qui l’évoque…

Dimanche dernier, nous avons fêté (en confinement) l’effusion de l’Esprit saint sur Marie et les apôtres. Au jour de la Pentecôte, il s’est manifesté puissamment, donnant des signes forts de sa présence et de son action : feu, vent violent, tremblement de terre…)
Mais bien souvent, reconnaissons-le, il est à nos côtés, certes, mais « incognito ».

Les trois versets d’évangile que nous avons entendus sont extraits de la rencontre entre Jésus et Nicodème, celui qui vient « de nuit » pour ne pas être reconnu. Un peu avant, Jésus confie à Nicodème : « le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix. Mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va… » Ainsi, l’Esprit qui unit le Père et le Fils reste quelque peu « théorique ».
Mais il n’est pas une théorie pour autant ! Lorsque nous sommes « dans la joie », lorsque nous cherchons la perfection (de l’amour), si nous nous encourageons mutuellement, si nous vivons en paix, les uns avec les autres, alors l’Esprit est là ! Il ne fait pas seulement l’unité entre le Père et le Fils, mais il tisse des liens de communion entre nous et entre nous et notre Dieu.

« Que la communion de l’Esprit saint soit avec vous tous »
Ce souhait de l’apôtre, l’église le met sur les lèvres du prêtre qui commence la messe.  Ce vœu devient réalité partout où l’on croit au Nom du Fils unique.

La Trinité, …

ce n’est pas un théorème que l’on démontre par a+b… mais une réalité vécue entre le Père, le Fils et l’Esprit saint… une réalité dont nous pouvons vivre nous-mêmes : en nouant des liens de communion, de bienveillance, de fraternité ; entre nous, croyants, mais aussi avec tous ceux qui sont « aux périphéries » de nos bulles, de nos cercles, de nos communautés.
Je termine par une prière extraite de « Laudato sí », l’encyclique du pape François (parue il y a cinq ans déjà… mais tellement pertinente pour aujourd’hui et demain !)

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures, qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence comme de ta tendresse. Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus, toutes choses ont été créées par toi. Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie, tu as fait partie de cette terre, et tu as regardé ce monde avec des yeux humains. Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature avec ta gloire de ressuscité. Loué sois-tu.

Esprit saint, qui par ta lumière orientes ce monde vers l’amour du Père et accompagnes le gémissement de la création, tu vis aussi dans nos cœurs pour nous inciter au bien. Loué sois-tu.

Ô Dieu, Un et Trine, communauté sublime d’amour infini, apprends-nous à te contempler dans la beauté de l’univers, où tout nous parle de toi. Éveille notre louange et notre gratitude pour chaque être qu tu as créé. Donne-nous la grâce de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe. Amen.

Jean-Pierre Leroy
Fête de la Trinité (A) *** 7 juin 2020