Trois petits mots pour un seul Dieu

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle »

Je suis toujours ému quand je lis ce verset de l’évangile de Jean. (On peut le choisir lors des funérailles). En une phrase dont il a le secret, Jean « croque » pour nous toute l’histoire du salut. Et c’est à travers cette histoire, comme en filigrane, que se dit le mystère que nous fêtons ce dimanche : la sainte Trinité.
Le mot « trinité » n’apparaît pas dans l’Écriture sainte. Mais trois petits mots reviennent sans cesse, qui disent le Dieu unique de notre foi : Père, Fils et Esprit !

Père…

N’en déplaise à ceux qui n’aiment pas le premier testament, la première lecture en est tirée… et elle nous parle d’un dieu « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ». Il faut apprendre par cœur cette petite phrase : elle est comme la « carte d’identité » de notre Dieu.
Et pourtant, cette révélation vient au plus mauvais moment de l’histoire. Pendant que Dieu donnait (une première fois) les tables de la Loi à Moïse, le peuple avait abandonné son dieu et adoré un veau d’or ! C’eût été l’occasion de manifester un dieu vengeur, jaloux… et de mettre en scène cette jalousie violente : détruire ce peuple perverti et recommencer avec du tout neuf, comme au temps de Noé. Mais l’intercession de Moïse a visé juste : l’arc de la vengeance, il est bien dans le ciel, Dieu avait promis de ne plus recommencer un déluge. Le peuple a la nuque raide, nous avons parfois « la nuque raide », nous aussi, mais Dieu pardonne et fait de nous son héritage.

Fils

Dans la belle prière eucharistique IV, qui retrace la grande histoire du Salut, nous reprenons presque les mots de Saint Jean : « Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu’il soit notre sauveur. »
Pour nous, le fils n’est pas d’abord celui que le père engendre dans l’éternité (engendré, non pas créé, disons nous avec le credo). Le Fils, c’est d’abord celui qui est l’envoyé du Père ! Le Fils, qui « a vécu notre condition d’homme… annonçant aux pauvres la bonne nouvelle du salut ; aux captifs, la délivrance ; aux affligés, la joie. »(P.E. IV) C’est la foi, la confiance en son Nom qui nous sauve du Mal.
L’œuvre de Dieu – Père, Fils, Esprit – son action dans l’histoire du monde et des hommes, voilà ce qui nous révèle les relations entre les trois personnes de la Trinité. (c’est ce que m’a appris l’étude de Saint Augustin et son traité sur la Trinité). Le Père a créé le monde, il nous a créé (comme nos parents nous ont « mis au monde »). Le Fils se reçoit du Père et vient accomplir au milieu de nous la mission qu’Il lui a confiée : non pas juger… mais sauver !

Et l’Esprit… ?

Il est parfois le « Dieu inconnu » (cf. Actes 17, 23)… l’oublié de la Trinité. On se représente facilement ce qu’est être père (même si cette image dans notre existence peut être « floutée » par notre expérience). Tous nous nous savons fils ou fille de quelqu’un (même si nous pouvons vivre cette relation comme une blessure ou un manque!). Mais l’Esprit ?
C’est Saint Paul, dans la deuxième lecture, qui l’évoque…

Dimanche dernier, nous avons fêté (en confinement) l’effusion de l’Esprit saint sur Marie et les apôtres. Au jour de la Pentecôte, il s’est manifesté puissamment, donnant des signes forts de sa présence et de son action : feu, vent violent, tremblement de terre…)
Mais bien souvent, reconnaissons-le, il est à nos côtés, certes, mais « incognito ».

Les trois versets d’évangile que nous avons entendus sont extraits de la rencontre entre Jésus et Nicodème, celui qui vient « de nuit » pour ne pas être reconnu. Un peu avant, Jésus confie à Nicodème : « le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix. Mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va… » Ainsi, l’Esprit qui unit le Père et le Fils reste quelque peu « théorique ».
Mais il n’est pas une théorie pour autant ! Lorsque nous sommes « dans la joie », lorsque nous cherchons la perfection (de l’amour), si nous nous encourageons mutuellement, si nous vivons en paix, les uns avec les autres, alors l’Esprit est là ! Il ne fait pas seulement l’unité entre le Père et le Fils, mais il tisse des liens de communion entre nous et entre nous et notre Dieu.

« Que la communion de l’Esprit saint soit avec vous tous »
Ce souhait de l’apôtre, l’église le met sur les lèvres du prêtre qui commence la messe.  Ce vœu devient réalité partout où l’on croit au Nom du Fils unique.

La Trinité, …

ce n’est pas un théorème que l’on démontre par a+b… mais une réalité vécue entre le Père, le Fils et l’Esprit saint… une réalité dont nous pouvons vivre nous-mêmes : en nouant des liens de communion, de bienveillance, de fraternité ; entre nous, croyants, mais aussi avec tous ceux qui sont « aux périphéries » de nos bulles, de nos cercles, de nos communautés.
Je termine par une prière extraite de « Laudato sí », l’encyclique du pape François (parue il y a cinq ans déjà… mais tellement pertinente pour aujourd’hui et demain !)

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures, qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence comme de ta tendresse. Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus, toutes choses ont été créées par toi. Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie, tu as fait partie de cette terre, et tu as regardé ce monde avec des yeux humains. Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature avec ta gloire de ressuscité. Loué sois-tu.

Esprit saint, qui par ta lumière orientes ce monde vers l’amour du Père et accompagnes le gémissement de la création, tu vis aussi dans nos cœurs pour nous inciter au bien. Loué sois-tu.

Ô Dieu, Un et Trine, communauté sublime d’amour infini, apprends-nous à te contempler dans la beauté de l’univers, où tout nous parle de toi. Éveille notre louange et notre gratitude pour chaque être qu tu as créé. Donne-nous la grâce de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe. Amen.

Jean-Pierre Leroy
Fête de la Trinité (A) *** 7 juin 2020

Viens Esprit Saint

La Pentecôte (50e jour)…

…clôt le temps pascal qui a débuté la nuit de la résurrection.
Demain, le cierge pascal sera éteint et déposé au baptistère : on ne l’allumera plus que lors des baptêmes, et funérailles, Pâque des baptisés.

L’évangile d’aujourd’hui nous ramène au soir de Pâques : la première apparition du ressuscité.  Saint Jean situe l’effusion de l’Esprit sur les apôtres au soir de Pâques, lors de sa première apparition. Mais il répand déjà l’Esprit sur l’Église, lorsqu’il « remet son souffle entre les mains du Père » sur la croix.

La première lecture, celles des actes, nous transporte cinquante jours plus tard : lorsque les apôtres sont confinés avec Marie au Cénacle, la chambre haute où ils se sont enfermés par crainte des Juifs.

Ces cinquante jours, ce temps pascal est déjà le temps où l’Esprit Saint est à l’œuvre. Jésus ne dit pas grand-chose lors de ses apparitions… il n’agit pas non plus, ou si peu. D’ailleurs, les apparitions du ressuscité ne sont lues que la première semaine de Pâques : il n’y en a pas plus…
Lorsque Jésus ressuscité apparaît, c’est pour fortifier la foi de ses amis… et le 40e jour, il disparaît à leurs regards : c’est l’Ascension.

Dans la liturgie d’aujourd’hui, la Parole nous parle de l’Esprit comme une force d’expansion communautaire et comme un principe d’!intériorisation.

1. L’Esprit agit à l’intérieur de nous mêmes

Il remplit notre cœur du feu de son amour.

Dans une maison, la chaudière occupe une humble place : une cave ou un réduit bien dissimulé.  Elle est petite et discrète, mais c’est pourtant elle qui réchauffe toute la maison. Si elle vient à tomber en panne, on s’en rend compte tout de suite, de la cave au grenier !

L’esprit agit un peu comme cela : c’est au cœur qu’il nous touche et nous travaille. Mais sa présence en nous irradie tout notre être : cœur, pensée, intelligence, sentiments, actions… Il est devenu, depuis notre baptême et notre confirmation, notre « principe vital », le feu qui brûle en nous la paille de ce qui est futile ou mauvais ; la source vive qui régénère ce qui est vieilli, aigri, et rafraîchit ce qui est bon.

2. L’Esprit nous pousse vers l’extérieur

Il est force d’expansion pour l’Église, le Peuple de Dieu.
De la petite cellule du départ (12 apôtres et Marie) il fait un corps multiséculaire et international !

L’Esprit remplit l’univers et sanctifie l’Église.  Dans l’Église et dans le monde, là où on l’accueille vraiment, l’Esprit est le feu qui brûle et détruit ce qui est mauvais, il est aussi la source qui rajeunit.

J’aime terminer par une petite méditation d’Athénagoras, Patriarche de Constantinople, celui qui a levé, en même temps que le Pape Paul VI, l’excommunication qui avait séparé les chrétiens d’Orient et d’Occident.

Sans le Saint Esprit,
Dieu est lointain,
Jésus est dans le passé
et l’Évangile reste lettre morte.
L’Église n’est plus qu’une simple association,
l’autorité, une forme de domination,
la Mission, une vulgaire propagande,
la liturgie, une conjuration des esprits,
et la vie chrétienne, une morale esclavagiste.

Oui, demandons une abondante effusion de l’Esprit sur l’Église toute entière et sur nous mêmes personnellement ! Que Dieu soit tout proche de nous, que Jésus soit présentement avec nous, que l’évangile soit toujours parole vivante. Alors, l’Église, loin d’une association, sera un Corps, une famille, l’autorité nous fera grandir, la Mission éveillera les consciences. Nos liturgies se laisseront habiter par l’unique Esprit, celui de Jésus, et notre vie chrétienne sera témoignage de liberté, de sagesse et de force pour traverser les épreuves. Ainsi soit-il.

Jean-Pierre Leroy
Solennité de la Pentecôte (A) *** 31 mai 2020

 

Si tu savais le Don de Dieu

Le chapitre 17 de St Jean, ce sont les derniers mots de Jésus avant son procès : une longue prière que la liturgie nous « sert » en trois parties (nous venons d’entendre le premier passage). Il s’agit de la « prière sacerdotale » de Jésus. Nous ne devons pas y chercher un compte-rendu détaillé et précis de la dernière prière de Jésus : ses apôtres n’avaient pas le cœur à noter cette prière, le moment était trop intense pour cela. Mais l’évangéliste a mis dans cette prière les mots et les expressions qui ont marqué le disciple bien aimé pendant son compagnonnage avec Jésus… parce que ces mots nous disent tout de Jésus, qu’ils nous parlent de sa relation au Père (qui est aussi notre Père), qu’ils sont comme le condensé de cette bonne Nouvelle que Jésus a annoncée au prix de sa propre vie !

Ces mots de la prière de Jésus ont marqué les oreilles, le cœur et la mémoire de Jean. Ils ont nourri la prière des premiers chrétiens et sont parvenus jusqu’à nous pour nourrir notre prière également. Il faudrait que ces mots ne touchent pas seulement nos oreilles et notre cerveau, mais qu’elles atteignent notre cœur et y demeurent ! L’évangile de Jean, c’est un peu comme un café ou un pousse-café à la fin d’un bon repas : on ne les avale pas comme le café du petit déjeuner, mais on les « sirote », on les déguste par petites gorgées… il faudra donc relire ces paroles pendant la semaine, pour en conserver et en apprécier toute la saveur ! Comme Marie et les apôtres, réunis au Cénacle, «confinés» pour échapper à l’opposition du peuple, mais surtout méditant, ruminant les paroles de Jésus pour en découvrir le sens.

Je retiendrai surtout trois mots :

  1. VIE : c’est la préoccupation de tout homme, se réaliser, exister à fond, réussir sa vie, réaliser toutes ses potentialités. Ou tout simplement, « rester en vie », se protéger de ce qui peut la mettre en péril, chercher (et trouver) les biens de première nécessité, les choses « essentielles » qui nous permettent de vivre.! Si nous restons centrés sur nous-mêmes, nous cherchons la vie là où elle n’est pas, ou si peu… le secret, celui de Jésus, c’est l’ouverture totale, le don de soi. Le verbe « donner » revient dix fois dans ce texte que nous venons d’entendre ! Le père donne au fils ; le fils reçoit du père ; le fils donne tout aux hommes. Il ne s’agit pas seulement de s’ouvrir au don de Dieu, de l’accueillir, mais de se donner soi-même. « Si tu savais le don de Dieu » disait déjà Jésus à la Samaritaine…

  2. GLOIRE : pas celle des paillettes, des honneurs, pas la gloire éphémère des « people » ou la gloire passagère des « super-héros » de ce monde, ou de notre imagination… il ne s’agit pas de planer au dessus de tout, dans l’indifférence au « monde d’en-bas ». D’ailleurs, l’artiste Banksy a bien représenté la chute de ces héros-là, au bénéfice des « héros quotidiens » que sont les soignants, les aidant-proches de toutes ces personnes fragilisées par la pandémie ou le confinement.
    Dans la bible, la gloire
    c’est la révélation du sens profond de la personne, de son poids réel. C’est pourquoi Saint Jean peut écrire dans son évangile que Jésus est « glorifié » sur la croix : c’est là qu’il montre l’intensité de son amour, c’est là qu’il se donne totalement au monde.
    La gloire de Dieu dit l’espérance de celui qui vient, elle écrit en lettres de feu et d’amour la gloire de l’homme.

  3. CONNAÎTRE : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu » !
    Il ne s’agit pas d’un savoir ; ou de retenir par cœur les réponses aux questions des catéchismes d’autrefois ; ni même de se tenir au courant de toutes les nouveautés ou les recherches de la théologie !
    Connaître, dans le langage biblique, c’est faire l’expérience de Dieu à travers la prière et, pour nous chrétiens, à travers les sacrements que nous célébrons en
    Église. C’est pourquoi beaucoup parmi nous ont faim, désirent ardemment se retrouver pour communier, vivre les sacrements avec d’autres. Sans doute, ce besoin vital, ce désir ne s’est-il manifesté aussi intensément depuis longtemps !

Connaître, c’est faire un bout de chemin, cheminer avec Dieu. Qu’Il nous donne à tous de le connaître vraiment, pour vivre avec lui dans sa gloire !

Jean-Pierre Leroy

Orphelins ? … Non !

Dixième dimanche de confinement, sans rassemblement de l’Église pour l’eucharistie… qui pouvait l’imaginer ? Sur les réseaux sociaux, et même sur Vivacité, des chrétiens s’impatientent : à quand le déconfinement des eucharisties ?
« Nous nous sentons comme orphelins » disent-ils, « abandonnés, privés de nourriture » !
Comme le peuple de Dieu au désert, certains en ont marre de la Manne informatique, des messes en « live » ; il faut se réjouir toutefois des initiatives en tous sens, qui fleurissent dans les nouveaux média (et les anciens aussi) pour soutenir la prière des chrétiens, les nourrir de la Parole de Dieu… tant de (petits) moyens pour garder le contact avec une communauté et surtout avec Jésus ! Lui seul peut transfigurer nos (petits) moyens en un grand amour, en une communion réelle et spirituelle.
Au fond, les disciples, flairant la mort prochaine de Jésus, et nous mêmes, confinés depuis si longtemps, noous nous demandons « qu’allons-nous devenir ? » « Pouvons-nous vivre sans Lui ? »

Aux disciples effrayés de son départ prochain, Jésus fait une PROMESSE : elle est pour nous aussi aujourd’hui : « Je vais vous envoyer un autre Défenseur, qui sera toujours avec vous : l’Esprit de Vérité »

« Il demeure (déjà) auprès de vous, il sera avec vous toujours ! »

Dans deux semaines, au terme de la cinquantaine pascale, lors de la fête du même nom (Pentecôte = 50),
nous commémorerons le Don de Dieu aux apôtres : l’Esprit Saint qui les fait sortir du Cénacle et proclamer le Christ au monde entier. La première lecture nous parlait déjà d’une Pentecôte : celle des Samaritains, par l’imposition des mains de Pierre et Jean. Nous aussi, nous avons reçu l’Esprit par l’imposition des mains lors de notre baptême et, plus encore, lors de notre confirmation.

Vous êtes-vous demandé pourquoi les Samaritains a accueilli la Parole de Dieu et reçu l’Esprit saint ?
Parce que Philippe y a proclamé le Christ : c’est cette proclamation qui ouvre les oreilles des Samaritains à la Parole de Dieu, et cette Parole change leur cœur, les tourne vers Jésus pour accueillir le baptême.

Aujourd’hui, nous sommes appelés à la suite de Philippe pour proclamer le Christ. Par nos paroles, sûrement. Mais aussi, et peut-être avant tout, par nos actions : « rendez compte de l’espérance qui est en vous » nous conseillait Pierre dans le 2e lecture, « en ayant une bonne conduite dans le Seigneur ; en faisant le bien plus que le mal ». Nos « bonnes actions », particulièrement en ce temps de jeûne eucharistique prolongé, attesteront de notre « bonne foi » célébrée le dimanche, à la messe !

Quelle est la BONNE NOUVELLE de ce dimanche ?

1. Nous ne sommes pas orphelins ! Nous avons en nous l’Esprit de Jésus, pour toujours. C’est cet Esprit qui a porté les chrétiens persécutés au long des siècles ; et encore aujourd’hui dans tant de régions du monde… dans un silence médiatique parfois assourdissant… mais l’Esprit veille à leurs côtés. Cet Esprit-là nousportera nous aussi, le temps nécessaire pour que ce confinement qui nous pèse atteigne son objectif : vaincre la pandémie, et surtout sauver des vies !

2. Si nous ne pouvons rencontrer Jésus en communiant à con Pain de vie (lors des eucharisties), nous pouvons vivre la « communion spirituelle » à laquelle le pape François nous a conviés, au début de la pandémie et de la suspension des offices religieux. La télévision et les autres média nous tiennent en communion spirituelle avec l’Église dans son ensemble. Mais nous pouvons aussi rencontrer Jésus dans les frères qu’il met sur notre route (cf. Mathieu, 25). Nos retrouvailles familiales, cette semaine, n’ont-elles pas été de belles rencontres avec autrui, avec nos proches ? Un coup de fil, un coup de main à une personne isolée de notre voisinage ? L’aide alimentaire apportée par notre conférence de Saint Vincent de Paul à tant de familles dans le besoin ? Tout cela n’est-ce pas de vraies rencontres avec le Christ vivant, à côté de nous, en nous ?

3. Si l’apôtre nous demande de rendre compte de l’espérance qui est en nous, il nous recommande de le faire « avec douceur et respect ». Certains chrétiens s’offusquent de ce que leur culte passe après le reste : « serons-nous les oubliés du déconfinement ? ». C’est vrai, je l’ai constaté à la radio cette semaine, on ne parle guère du rétablissement du culte public… mais des salons de tatouage (!) et des prostituées… (pour les prostituées, Jésus nous avait prévenus « elles seront avant vous dans le Royaume »!). Impression d’être comptés pour rien, ou pas grand-chose… d’être un secteur « non-essentiel » alors que nous faisons personnellement l’expérience du contraire !
Notre patience dans cette épreuve, je le crois, peut être un signe fort de notre attachement à Jésus, au-delà des signes sensibles auxquels nous étions habitués… mais qui étaient devenus – peut-être – des routines.

Si cette épreuve nous fait sortir de la routine, elle ne sera pas un piège, mais une grâce, un vrai cadeau !  Ainsi soit-il.

Jean-Pierre Leroy
(homélie pour le 6e dimanche de Pâques (A)