Ekklesia dans votre boîte

Cette semaine du 25 mars, le facteur dépose dans votre boîte le nouveau numéro d’Ekklesia : soyez attentifs… et bonne lecture !

Votre journal paroissial est déposé dans votre boîte aux lettres par le facteur, et ce quatre fois par an !
S’il en est ainsi, c’est grâce à nos annonceurs : nous les remercions !
Mais une partie du coût reste à charge de l’Unité pastorale.
Vous pouvez y contribuer par un versement au profit du compte
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Celui que ton souffle a touché craindrait-il de prendre le large ?

(Cette semaine, vous recevez le nouveau numéro d’Ekklesia
dans votre boîte aux lettres !  En voici déjà l’éditorial…)

Nous sommes maintenant dans ce temps liturgique que l’on appelait « après la Pentecôte », mais que la réforme de Vatican II préfère nommer dimanches « ordinaires » ou « dans l’année ».  Cette subtilité de la liturgie catholique n’est pas vraiment essentielle pour comprendre le mystère chrétien, mais elle nous convie à jeter un regard particulier sur notre « quotidien », un temps où l’Esprit de Dieu donne du souffle à nos vies.

Lors des dimanches, depuis fin avril jusque fin mai, quelques dizaines d’enfants de nos communautés locales ont célébré avec leur famille et la communauté chrétienne des « fêtes de la foi » (première des communions ou profession de foi).   Il y aura aussi cette année une quarantaine de couples qui ont fêté ou fêteront leur mariage en passant par l’une de nos églises pour demander à Dieu de bénir leur union.
Tout cela nous réjouit : si nous constatons que nos communautés du dimanche se réduisent depuis des années comme peau de chagrin, la confiance des parents, l’enthousiasme des enfants, l’espérance des jeunes couples nous rappellent que le souffle de l’Esprit continue de toucher des cœurs, même en dehors de nos petits cercles d’habitués. Vraiment, l’Esprit de Pentecôte est à l’œuvre aujourd’hui !

De tout cela, je tire une première « pépite ». Il y a de multiples manières de vivre sa foi chrétienne. Cette grande diversité commence dans les écritures mêmes, à la source de notre foi. En effet, nous lisons quatre évangiles relativement différents : cela nous oblige à constater et même à apprécier une certaine forme de multiculturalité, même entre chrétiens, et même entre catholiques ! Aujourd’hui, cette diversité est un fait. Certains peuvent regretter un passé où tout semblait plus simple, plus unifié. Pourtant, prendre le large, aller aussi vers ces périphéries engendrées par la diversité, ce n’est pas une option, mais une nécessité pour vivre et annoncer l’Évangile aujourd’hui.

Une deuxième « pépite » : notre quotidien, parfois si répétitif, lassant… c’est aussi le lieu où l’Esprit Saint nous pousse et nous accompagne. On ne vit pas sa foi seulement lors des fêtes, mais d’abord dans le quotidien le plus ordinaire. C’est peut-être pour cela que le pain de nos eucharisties, le « Pain de Vie » est si ordinaire. Jésus, n’a pas choisi, lors de la dernière Cène, de rompre un gâteau de noces ou un dessert de communion : Dieu se rend présent à nos côtés dans le plus banal de nos existences… Il est avec nous tous les jours, comme il l’a promis !

Le voilier est sans doute un des signes les plus parlants de l’aventure : avancer au gré du vent.  Mais c’est tout un art, une science même : il ne suffit pas de se laisser porter par le vent.  « Être dans le vent, c’est une ambition de feuille morte » (M. Kundera).
Ma troisième « pépite », c’est celle-ci : par le baptême, nous sommes devenus déjà des « ressuscités-avec-le-Christ », nous sommes des vivants, et non des feuilles mortes !  Notre ambition n’est pas d’être dans le vent, mais de trouver notre souffle, de le laisser gonfler nos voiles pour avancer. Jésus nous a promis et envoyé son Souffle, s’il nous a touchés, n’ayons pas crainte de prendre le large.

Même lorsque le vent de la fête ou des vacances sera tombé, nous pourrons toujours avancer au large. Bel été à vous : laissez-vous toucher par le Souffle de Dieu.

Jean-Pierre Leroy, curé

Dimanche 3 juin à Banneux

Le dimanche 3 juin à 9h30 à Banneux (village),
l’eucharistie dominicale sera l’occasion de dire merci avec nos jubilaires :

deux petites Sœurs de Jésus d’Aywaille :
Sœur Cécile Jeanne (60 ans de vie religieuse) et
Sœur Anne Bénédicte (50 ans) et
une Sœur de l’alliance : Soeur Marie Aurélie (60 ans).
L’Abbé Michel Reginster, qui fête cette année 60 ans de prêtrise,
présidera l’eucharistie.

Invitation à tou(te)s !

Si les diables rouges gagnent la Coupe du monde (ou même s’ils vont en demi-finale) ce sera fête dans notre pays, car leur prouesse rejaillira sur nous tous.
Quand on fête un jubilé (mariage, vie religieuse, prêtrise,…) on fait aussi la fête, pas pour faire du jubilaire une star… mais parce que le chemin parcouru, entre soleil et brouillard, est un encouragement pour nous tous dans la fidélité à nos propres engagements.  C’est aussi l’occasion de rendre grâce à Dieu dont l’amour et la fidélité se sont manifestés à travers ces témoignages vivants.
Entourons-les de notre sympathie et rendons grâce avec eux !

Pas de matin de Pâques sans vendredi saint…

Une croix… des oeufs de Pâques suspendus à un arbre…  Dans une seule image, c’est un paradoxe,
le voisinage de la vie et de la mort. En quelque sorte, nous contemplons là tout le mystère de Pâques !

Quand Jésus annonce aux apôtres que « le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grand-prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter1 », Pierre le prend à part pour lui faire des reproches : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point !2 »

Cette réaction lui vaudra un cuisant reproche : « Passe derrière-moi, Satan (tentateur) ! Tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »

C’est dire que depuis le début, les premiers disciples, les souffrances du Messie provoquent chez le croyant une forme d’aversion, de refus. Et c’est bien naturel : qui d’entre nous souhaite des souffrances à ses proches ou espère souffrir lui-même ? Pierre ne pouvait pas imaginer la mort de Jésus, encore moins qu’il soit condamné à mort et exécuté comme un bandit…

Le mal, le malheur nous font horreur à juste titre. Jésus lui-même mettra toute son énergie à soulager le mal et la souffrance des malades, des possédés qu’il rencontre. A sa suite, les chrétiens mettrons en place bien des structures pour accueillir et soulager les malades (hopitaux, homes, dispensaires, etc…), ils retrousseront leurs manches lors des grandes épidémies, parfois au prix de leur vie. Je pense à Mère Teresa qui, à Calcutta, ramassait les mourants dans la rue pour leur offrir une « mort humaine », dans sa maison, mais aussi à tant de religieuses au service des malades dans nos cliniques, nos villages et nos quartier… il n’y a pas si longtemps. Le combat contre la souffrance fait partie de l’ADN de l’Église, sous toutes les lattitudes !

A Noé, Dieu avait promis de ne plus provoquer le déluge qui avait ravagé la terre entière.
Aux prophètes, il avait déclaré qu’il ne voulait pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive !

Mais voilà la dure réalité : toute vie conduit à la mort et, bien souvent, la maladie et la souffrance sont au rendez-vous. Dieu aurait pu tirer son épingle du jeu, il aurait pu envoyer ses anges pour que son fils échappe à la mort… mais à cette tentation, Jésus déjà avait résisté au désert 3

Dieu a voulu « jouer le jeu » jusqu’au bout, il a tout épousé de notre condition humaine, jusqu’au rejet, à la trahison, à la souffrance et à la mort. La Passion de Jésus, c’est l’engagement de Dieu aux côtés de tous les souffrants oubliés, les petits abusés et humiliés, les étrangers rejetés, les mourants abandonnés. C’est tous ceux-là que nous portons lors des chemins de croix.

Mais la fête de Pâques est d’abord une victoire, une promesse !

Au titre de cet édito, il faudrait répondre :

« pas de vendredi saint sans matin de Pâques » !

La bonne Nouvelle qui sera proclamée dans la nuit et au matin de Pâques, c’est bien celle-là.

Dieu n’a pas abandonné son fils à la mort. Il ne nous abandonne pas non plus.

Sur la photo de couverture, les oeufs de Pâques ne masquent pas la croix, parce qu’elle fait partie de l’histoire, celle de Jésus, celle de l’humanité, la nôtre. Mais les oeufs, signes de renouveau, de vie qui (re)commence, sont au premier plan.

Ces oeufs sont comme des graines de libération, de soulagement, de guérison, en un mot, de VIE !

Mais ce ne sont encore que des graines : la chaleur de notre amour fraternel, la force de notre espérance et le murmure de notre foi pourront les faire éclore autour de nous et pour nous.

Bonne fête de Pâques à tou(te)s !

Jean-Pierre Leroy, curé

1Marc, 8, 31

2Matthieu, 16, 22-23

3Matthieu, 3, 6-7