Ne restons pas endormis… mais soyons vigilants

Homélie pour le 33e dimanche dans l’année A – 15 novembre 2020

Andreï Mironov

Comme dimanche dernier, la parabole de ce jour met en scène un Dieu absent. Il y a huit jours, il était l’Époux que l’on attendait… en s’endormant.
Aujourd’hui, il est le Maître qui nous a confié ses talents !
Ayons tout de suite en perspective que le talent était une monnaie valant vingt-six kilos d’argent… une vraie fortune !

Aujourd’hui, comme au temps de ces paraboles, Dieu n’est pas très visible… tout semble remis dans les mains des femmes (les dix jeunes filles) et des hommes (les trois serviteurs). En réalité, Dieu est bien présent, mais incognito, car il est la source de nos efforts et il rend nos vies fécondes. Mais c’est bien notre liberté qui est en jeu. Dieu nous a confié le monde, il nous confie aussi ses talents… à nous de jouer : nous en sommes responsables !
Il ne s’agit donc pas d’être seulement vigilants, comme les jeunes filles de dimanche dernier, mais il nous faut agir pour faire fructifier les talents reçus.

1. Le Seigneur nous fait confiance ; ne cherchons pas des grâces extraordinaires : c’est souvent dans notre quotidien, comme la « femme parfaite » de la première lecture, que nous avons à déployer le don de Dieu.
Nous sommes des fils du jour, des enfants de la lumière : ouvrons les yeux sur ce que nous sommes vraiment devant Dieu ! Il nous appelés pour annoncer ses merveilles pour tous les vivants. Comme les enfants de première communion, nous pouvons crier : « Dieu fait pour nous des merveilles ! »
Nous pouvons être fiers des talents reçu, et particulièrement de sa Parole que Dieu nous a confiée pour que nous la fassions résonner en notre temps… même à distance de sécurité sanitaire.

2. Ce talent, cette Parole, nous ne pouvons pas nous contenter de l’enregistrer dans notre « play-list »… pas plus que de l’enfouir dans la terre : ce serait nous laisser dominer, emprisonner par nos peurs.
De la réception de ces dons résulte pour nous un droit mais aussi un devoir : « exercer ce(s) don(s) pour le bien des hommes et l’édification de l’Église, dans la liberté de l’Esprit saint ! (cf. Vatican II)
Certes nous pouvons avoir peur, c’est légitime ; les prophètes eux-mêmes et Jésus ont eu peur ! Mais c’est justement quand nous prenons conscience de nos limites que Dieu peut déployer en nous sa grâce.
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » s’écriait Saint Paul.

3. Le jour du Seigneur viendra… comme un voleur… et il nous demandera des comptes, comme le maître de la parabole. Il est éclairant de constater que le Maître se comporte comme les serviteurs l’imaginaient.
Les deux premiers considèrent leur Maître comme un partenaire, un associé qui leur a fait confiance : il reconnaît leur mérite et leur confie davantage. Le troisième regarde son Maître avec crainte : il y voit un exploiteur, un concurrent… et se fait reprendre même ce qu’il avait.
Remarquez que c’est souvent ainsi que le Tentateur nous présente Dieu : un concurrent qui veut nous voler notre liberté ; ne cédons jamais à cette tentation. Regardons Dieu pour ce qu’il est : un Père qui nous fait confiance et désire nous voir grandir sous son regard bienveillant.
Alors ne restons pas endormis… mais soyons vigilants et restons sobres !

Jean-Pierre Leroy

Dédicace…

Ce 9 novembre, nous fêtons la dédicace de la basilique Saint Jean de Latran. A Rome, cette basilique est la « cathédrale » du Pape François, l’église principale de son diocèse.

Quand je pense dédicace, je pense aux « disques demandés » d’autrefois, dédicaces raillées volontiers par les humoristes de tout poil.
Mais je pense aussi à la dédicace des livres par leur auteur…

La dédicace d’une église, c’est la cérémonie religieuse par laquelle on consacre un bâtiment au culte chrétien. Mais c’est bien plus que cela…

La dédicace … concerne en réalité trois maisons.
La première est le sanctuaire matériel. Il faut certes prier en tout lieu et il n’y a aucun lieu où l’on ne puisse prier. Pourtant, il est très convenable d’avoir consacré à Dieu un lieu particulier où nous tous, chrétiens qui formons cette communauté, puissions nous réunir, louer et prier Dieu ensemble, et obtenir ainsi plus facilement ce que nous demandons, grâce à cette prière commune.
La deuxième maison de Dieu, c’est le peuple, la sainte communauté qui trouve son unité dans cette église. C’est la demeure spirituelle de Dieu dont notre église est le signe. Elle es formée des élus de Dieu passés, présents et futurs, rassemblés par l’unité de la foi et de la charité.
– La troisième maison de Dieu est toute âme sainte vouée à Dieu, consacrée à Lui par le baptême, devenue le temple de l’Esprit saint et la demeure de Dieu.
Lorsque tu célèbres la dédicace de cette troisième maison, tu te souviens de la faveur que tu as reçue de Dieu quand il t’a choisi pour venir habiter en toi par sa grâce.
(Prier, nov.2020, d’après Lansperge le Chartreux)

Nous pouvons encore accéder à nos églises, quand elles sont ouvertes :
– Sougné-Remouchamps et Aywaille St Pierre, chaque jour;
– Sprimont, le jeudi de 9h à 10h (adoration silencieuse, entrée libre)
– Banneux St Léonard, le dimanche…
– le dimanche de 11h à 12h, adoration silencieuse à Aywaille St Pierre

Mais nous pouvons aussi, en ces temps difficiles, consacrer un tout petit espace de notre maison pour nous tourner vers Dieu (une croix, une icône, une statue… une fleur, une bougie…), nous y rassembler en famille… ou tout seul…
Nous pouvons également nous recueillir un instant devant une croix, une potale à la croisée de nos chemins…
Et, surtout, ne pas oublier que nous sommes le temple de l’Esprit saint !
Comme l’écrivait Ste Élisabeth de la Trinité « Vivre chaque instant tourné vers Dieu, le mettre au cœur de toutes les petites choses de notre quotidien »
Ainsi, notre confinement ne sera pas seulement « privation », mais peut-être bien nouvelle fécondité !

Sortez à sa rencontre !

Homélie du dimanche 8 novembre 2020 – 32e dimanche dans l’année A

Au milieu de la nuit, il y eut un cri…
Et au milieu de notre nuit de confinement, de pandémie, d’isolement… quel est le cri qui retentit ?
Ce dimanche, je vous propose d’entre celui-ci : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. »

Dimanche, jour du Seigneur, même si la prudence et la solidarité nous empêchent de nous réunir physiquement, nous sommes réunis spirituellement : entre nous et surtout avec Lui, l’époux qui vient à notre rencontre.
Avec le psalmiste, nous pouvons lui répondre : « mon âme a soif de toi… toute ma vie, je vais te bénir » car la Sagesse se laisse trouver par ceux qui la cherchent, elle se fait connaître la première.

Reste que cette parabole nous interpelle. Qu’est-ce que veiller ?
Veiller, ce n’est pas se priver de sommeil, nous enseigne cette parabole : toutes les jeunes filles se sont endormies, insouciantes ou prévoyantes… toutes dans le même sac !
Mais la parabole récompense les prévoyantes, car prévoir, c’est « être prêt »…
Si nous sommes prêts, le Jour du Seigneur ne nous surprendra pas.

Si la flamme de leur lampe c’est leur foi, elle peut toujours s’éteindre : un coup de vent, un manque d’huile et tout semble fini ; oui notre foi reste fragile.

Mais quelle est cette huile qui permet de garder allumée la lampe de notre foi ? Mère Térésa nous répond :
« [ces gouttes d’huile] sont les petites choses de la vie de tous les jours : La joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, Notre manière de faire silence, d‘écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir.
Voilà les véritables gouttes d’Amour qui font brûler toute une vie d’une vive flamme. » 
(Ste Térésa de Calcutta)

Si notre foi nous pousse à poser des gestes d’amour, de charité, notre amour pour les autres et pour Dieu nourrit notre foi et la fait grandir.
Et en ce temps de confinement, ils sont nombreux les petits gestes d’amour, même s’ils doivent se poser « à distance » : que notre charité se fasse inventive…

Les mots de l’apôtre Paul ne sont pas à côté de nos préoccupations actuelles et ils mettent le doigt sur la troisième vertu reçue au baptême : l’Espérance (les deux autres étant la Foi et la Charité).
Certes, il nourrit notre espérance pour ceux qui nous quittent, ceux qui passent par la mort avec Jésus. Mais il offre un horizon à nos petits espoirs de tous les jours.
Nous espérons bien que la pandémie ne nous touchera pas de trop près, que le coronavirus ne frappera pas ceux que nous aimons, qu’il n’altérera pas leur santé physique ou mentale. Nous avons l’espoir de nous retrouver « après » cette nouvelle épreuve : en famille, en communauté chrétienne, pour nos fêtes de quartier et toutes les autres activités qui nous rassemblent. Nous avons l’espoir aussi que la crise économique qui nous frappe ne soit pas sans solution… et que de nouvelles solidarités seront mises en œuvre pour protéger les plus fragiles.
Mais notre Espérance, finalement, c’est bien d’être « pour toujours avec le Seigneur » !

Réconfortons-nous les uns les autres, en paroles et en actes concrets : c’est ainsi que nous serons prêts, que notre lampe sera bien garnie, que notre foi pourra éclairer notre chemin et celui des autres.

Jean-Pierre Leroy

Un nouveau confinement…

Même s’il est un rien « plus léger » que celui du printemps, nous voici contraints à nouveau de nous confiner pour tenter d’enrayer la pandémie qui frappe toujours à notre porte.

Comme vous le voyez dans ces pictogrammes, nos églises peuvent rester ouvertes, mais sans cérémonie en public à partir du 2 novembre, c’est à dire lundi. C’est à dire également que nous pouvons célébrer les messes de Toussaint prévues ces samedi et dimanche… mais avec un maximum de 40 participants !

Vous retrouverez donc l’horaire des messes de Toussaint ci-dessous !

Notez que le 2 novembre, la messe prévue à Sougné-Remouchamps est supprimée, mais Monsieur le Curé bénira les tombes au cimetière à 11h00, heure prévue pour la messe. Des feuillets pour prier sur la tombe de vos défunts sont disponibles dans toutes nos églises !

Veillez bien sur vous et sur les autres !