Dans la joie… nous revoilà dans nos églises !


Nous sommes heureux de vous retrouver à l’église, et ce depuis le 13 décembre !
Mais nous constatons que beaucoup ne le savent pas encore et nous sommes démunis pour les informer.
N’hésitez pas à en parler autour de vous.
Mais vous l’avez entendu ou lu : nous ne pouvons être plus de 15 dans nos églises (sans compter les enfants de moins de 12 ans, le célébrant, le sacristain, le chantre…). Cela risque de durer encore quelques semaines.

Les messes annoncées sur « Ekklèsia » ont donc lieu. Nous avons ajouté également une messe à St Pierre (Aywaille). Pour vous éviter de vous déplacer inutilement vers l’église de votre choix, nous vous demandons de vous inscrire à la messe choisie auprès du secrétariat paroissial (04 384 42 53 ou upekklesia@skynet.be) et ce, avant le vendredi 17h00.
Nous signalons également que les messes de semaine reprennent également : un lieu favorable pour communier, sans inscription ! (en général, nous n’atteignons pas le nombre de 15 participants en semaine).
Pour trouver une messe dans notre UP, cherchez sur « egliseinfo.be » qui est mis régulièrement à jour.
Vous pouvez aussi téléphoner au secrétariat paroissial (04 384 42 53).
Il reste bien entendu la messe à la télévision (RTBF, France 2, KTO,… ou l’Internet) et à la radio (La Première, RCF Liège et même 1RCF en DAB+) : beaucoup sans doute, qui ne souhaitent pas risquer de s’exposer au virus, prieront devant leur écran. Les personnes malades ou en quarantaine les rejoindront, bien sûr.
Merci de votre compréhension ! Restons prudents.

Je suis dans la joie… toujours

Homélie pour le 3e dimanche de l’Avent dans l’année B – 13 décembre 2020

Comment affirmer que l’on « est dans la joie » dans les circonstances présentes ?…
Certes, nous pouvons nous réunir enfin pour célébrer ensemble l’eucharistie… mais à quinze seulement…
La chute du nombre de cas de Covid 19, d’hospitalisations, entamée peu après les mesures de ce deuxième confinement, se tassent un peu et n’augurent pas encore de la libération tant attendue.
La crise économique qui résulte(ra) de cette crise sanitaire montre toujours plus ses ravages présents et à venir.

Pourtant, l’apôtre Paul insiste auprès des Thessaloniciens (cette lettre est probablement l’écrit le plus ancien du nouveau Testament) : « Soyez toujours dans la joie ! »
C’est que les périodes de troubles, d’inquiétude se sont succédé tout au long de notre histoire humaine. Isaïe, Paul, Jean Baptiste, en leur temps, et nous, aujourd’hui, en sommes témoins.
Chaque fois l’inconfort règne, de même l’angoisse survient, et les menaces pleuvent .
L’exhortation de Paul réside en trois propositions :
« Soyez toujours dans la joie », « Priez sans cesse », « Rendez grâce en toutes circonstances »

Mais comment ? Et pourquoi ?
Jean Baptiste nous répond peut-être quand il annonce à ceux qui sont venus l’interroger  : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. »
C’est bien la présence de Jésus au milieu de son peuple, au milieu de nous qui éveille notre joie ; c’est sa présence à nos côtés « tous les jours jusqu’à la fin des temps » qui nous réconforte dans les épreuves.
Parfois notre joie est comme anesthésiée par nos souffrances : Jésus vient la réveiller par sa présence.
Ce ne sont pas d’abord nos efforts qui la suscitent, mais bien le cadeau (la grâce) que Dieu nous fait.

C’est pourquoi l’apôtre nous invite à « rendre grâce en toutes circonstances ».
Et là, nous pouvons apporter notre contribution : pourquoi pas repérer chaque jour trois raisons de dire merci, que ce soit à d’autres, à nous même ou à Dieu ?
Ce petit exercice peut changer notre regard sur le monde et sur la crise que nous traversons… car il y aura une fin au bout du tunnel !

Enfin, prier sans cesse… demander de pouvoir accueillir l’Esprit reçu lors de notre baptême et de notre confirmation ; oser lui ouvrir vraiment notre cœur et notre vie.
C’est ce même Esprit qui est descendu sur Isaïe et l’a poussé à accomplir sa mission : annoncer la bonne Nouvelle, guérir, délivrer, libérer, proclamer une année de bienfaits.
Ce même Esprit a suscité Jean Baptiste et l’a envoyé baptiser dans l’eau tous ceux qui voulaient se convertir.
« Abaisser les montagnes de l’orgueil et combler les ravins de nos manquements. »
Ce même Esprit veut faire germer en nous les semences qu’il y a déposées : celles du Royaume de Dieu.

Oui, Noël que nous attendons : la fête, la joie, l’émotion devant la crèche…
Mais aussi Noël que nous redoutons : comment le fêter cette année ?
Noël n’est pas le point final de notre cheminement d’Avent… non.
Le but, l’horizon, c’est le renouveau de notre terre, de notre monde, de nous-mêmes.
Comme la terre fait « éclore son germe, Dieu veut faire éclore le germe de la Joie que l’Esprit a déposé en nous.
Donc, soyons dans la joie… toujours !

Jean-Pierre Leroy

Il vient !

Homélie pour le 2e dimanche de l’Avent B – 6 décembre 2020

La nuit dernière, beaucoup d’enfants ont préparé dans leur cœur et dans leur maison le chemin pour… Saint Nicolas ! J’espère qu’ils ont été sages et que le grand Saint ne les a pas oubliés.
Quel rapport avec l’Avent ? me direz vous. Et bien c’est l’attente active.

Nous attendons la venue du Seigneur, mais pour cela nous devons nous remuer : pas question d’attendre le retour du Seigneur dans la résignation et l’inaction.
Certes, il viendra comme un voleur, nous écrit Saint Pierre. Mais le même apôtre nous rappelle quels hommes (femmes) nous devons être : vivre dans la sainteté et la piété pour hâter l’avènement du Jour de Dieu. Ciel nouveau et terre nouvelle, mais pas sans nous !

L’évangile de Marc reprend les mots d’Isaïe, le grand prophète : « préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ».
Les ravins, ceux de nos manques, doivent être comblés : pensons à nos manques de charité, de fraternité… aussi nos oublis de rencontrer Dieu dans la prière. Le temps de l’Avent, Jean Baptiste nous le rappelle, est un temps favorable pour rencontrer Dieu plus régulièrement, plus intensément. Mais aussi pour nous rapprocher des autres, même si les règles de confinement nous retiennent. C’est le moment d’être inventifs, innovants, pour rencontrer les autres, leur manifester notre présence, notre amitié… quand même !
Et les montagnes, celles de notre orgueil qui prend parfois la dimension d’un obstacle infranchissable… il s’agit de les abaisser. Pas seulement pour nous permettre d’avancer. Mais d’abord pour laisser la place au Seigneur qui vient.

Car c’est bien le « commencement de la Bonne Nouvelle (euaggelion) de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Celui dont Jean Baptiste ne se sent pas digne de s’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales… Celui qui nous baptisera dans l’Esprit Saint.

L’Avent, ce n’est pas la préparation d’un réveillon, ni même d’une fête de famille (aussi importante soit-elle). L’avent, c’est l’attente active d’un avènement : celui du Christ, le fils de Dieu.
Et il compte sur nous pour être des petits Jean Baptiste qui interpellent, qui témoignent en abaissant les collines et en comblant les ravins qui nous séparent de Celui qui vient.

Nous allumons ce dimanche une deuxième bougie sur nos couronnes d’avent. N’est-ce pas celle de la patience de Dieu ? Nous chantons souvent à Noël « depuis plus de quatre mille ans… nous attendions cet heureux temps ». N’est-ce pas plutôt Dieu qui nous fredonne aujourd’hui : « depuis si longtemps je patiente, car je ne veux pas en laisser quelques uns se perdre, mais que tous parviennent à la conversion » ?

Alors levons-nous aujourd’hui, élevons la voix. Ne revendiquons pas pour nous, mais annonçons, par notre vie, par notre amour de Dieu et des autres, par la fraternité entre nous… « Voici votre Dieu ! Il vient ! »

Jean-Pierre Leroy

Tels des portiers…

Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent B – 29 nov. 2020

Dieu est-il aux abonnés absents ? Est-il devenu tout à fait insignifiant ?
On pourrait le croire en entendant le silence assourdissant de nos gouvernants qui ne disent pas mot du sort réservé aux cultes ces prochaines semaines… Noël est pourtant bien une fête chrétienne, et pas seulement un réveillon !
Mais oui, pour beaucoup, Dieu est l’affaire d’une autre époque… une affaire classée. Mangeons, buvons, festoyons… puisque Covid ou non, tout aura sa fin !

Alors que notre vie personnelle, mais aussi communautaire et sociale, est plongée une nouvelle fois dans la nuit du confinement, notre foi serait-elle entrée dans un tunnel sans fin ? Nous avons tellement envie d’entrevoir le bout de ce tunnel !

1. Cette impression est de toujours… ou en tout cas, elle revient fréquemment dans l’histoire du Peuple de Dieu.
Lisez Isaïe : « pourquoi nous laisser errer loin de tes chemins ? » « nou snous sommes égarés… linges souillés… desséchés comme des feuilles… » « personne n’invoque plus ton Nom, nul ne se réveille pou rprendre appui sur toi ! »
Isaïe ne se contente pas de ce constat, il pousse un cri : « Ah si tu déchirais les cieux ! »
Mais non, Dieu n’est pas toujours absent… il est venu, il reviendra…
tel le berger, il ira chercher son peuple perdu en exil et le ramènera sur sa terre promise ; tel le vigneron, Jésus viendra pour prendre soin de la Vigne de son Père… (cf. le psaume 79)

Paul insiste : « Dieu est fidèle » « Il vous a donné la grâce dans le Christ Jésus » aucun don de sa grâce ne vous manque » « le Christ vous fera tenir fermement jusqu’au bout »
Il a d’ailleurs déchiré les cieux, à Noël, une première fois, faisant irruption dans notre humanité comme un petit enfant. Il les déchirera à nouveau, roi de gloire, à la fin des temps.

2. Entre-temps, c’est à dire aujourd’hui, il nous confie la tâche du portier. Il nous charge de veiller pour lui ouvrir la porte quand il viendra, lui le Maître de l’histoire. Il compte sur nous pour trouver ouverte la porte de nos vies, plutôt que nous surprendre en train de dormir !

C’est dans les petites choses, celles du quotidien, celles de tous les jours, qu’il veut nous combler maintenant. Et pour que nous puissions le reconnaître dans ces petits riens, il nous veut vigilants !

S’il est juste, comme le prophète Isaïe, de reconnaître les misères, les pauvretés, les errements des individus, de la société, de notre Église même… Rester vigilants, c’est reconnaître de même la richesse cachée dans notre quotidien : souvenons-nous de la parabole du jugement dernier entendue il y a une semaine. Un verre d’eau, un manteau, un regard et une parole accueillants et bienveillants… autant de rencontres avec Celui qui nous a confiés sa Maison, notre maison commune.

Veiller, être vigilants, c’est aussi ne pas se laisser accabler par le sommeil du découragement, le manque d’espérance, la déception. Mais également ne pas sacrifier notre temps, notre sérénité personnelle, familiale, communautaire, aux vanités du monde… nombreuses et tellement attirantes.

Nous devons, malgré nous, nous préparer à un Noël dépouillé de ses traditions, de ses habitudes qui nous font tant de bien. Ne les remplaçons pas par des vanités. Laissons Dieu faire irruption dans notre existence : c’est lui qui donne sens et valeur à notre vie !

Jean-Pierre Leroy