Guillaume est séminariste

Il se prépare à devenir prêtre et est en stage le week-end dans notre Unité pastorale.  Faisons un peu connaissance avec lui…

  1. Bonjour Guillaume, tu es séminariste et tu viens dans notre unité pastorale depuis le mois de septembre. Peux-tu nous confier deux ou trois « étapes » de ton cheminement qui t’ont mené au Séminaire pour te préparer à devenir prêtre ?

Bonjour tout le monde ! Les étapes les plus importantes dans mon chemin vocationnel ce sont les expériences d’Église. Je pense plus spécifiquement aux journées mondiales de la jeunesse de Rio de Janeiro auxquelles j’ai eu la chance de pouvoir participer avec les jeunes de Huy, ma paroisse d’origine, ainsi que quelques dizaines de jeunes du Luxembourg. C’est dans ce lieu qui a rassemblé plus de quatre millions de personnes que j’ai eu mon premier grand bain d’Église. C’était extraordinaire de voir que c’est en fait la foi au Christ ressuscité qui nous rassemble. Qu’importe l’endroit d’où nous venions, ou les langues que nous parlions. C’était une expérience d’universalité et d’ouverture qui me montrait ce qu’est l’Église dans sa réalité, sur le terrain. C’est une communauté mondiale, qui tend vers le bien commun, grâce au Christ. Nous ne sommes pas tout seuls ! A l’époque, en 2013, c’était un contraste fort pour moi entre les discours que j’entendais à l’école du style l’Église ça n’a plus d’avenir, c’est quelque chose de dépassé et l’expérience du Brésil. Ce contraste m’a beaucoup fait réfléchir. Pouvoir faire de grands rassemblements, bien sûr à plus petite échelle, c’est donc pour moi essentiel au développement d’une communauté et ce que nous mettons en place grâce aux catéchèses communautaires dans notre UP procède exactement de cette dynamique !

Une autre étape, mais qui s’inscrit plus dans la durée cette fois, c’est un questionnement assez profond sur la présence de Dieu dans ma vie. Je me rends compte que sans le nommer, Il est toujours là dans les moments de choix que nous posons. Évidemment, on s’en rend compte par la suite. Pouvoir, par exemple, animer tous les lundis soir pendant deux ans une veillée de prière avec d’autres jeunes de la paroisse était décisif. Cela m’a permis de côtoyer la Parole de Dieu, et de l’approfondir en petit groupe. C’est ce que nous faisons également dans notre UP lorsque nous proposons un atelier de partage de la Parole et c’est essentiel d’y participer de temps en temps si l’on veut approfondir sa foi. Les JMJ du Brésil et les animations de temps de prières autour de la Parole de Dieu, ce sont deux grandes étapes pour moi. L’une dans l’extase du moment, l’autre dans la durée, modelant et me préparant dans le secret à écouter l’Appel du Seigneur. Je reste encore aujourd’hui rempli d’Espérance pour la suite !

  1. Dans ta paroisse de Huy, puis en stage à Loncin, tu as déjà vécu bien des expériences. Lesquelles t’ont confirmé dans ton choix ?

Je dirais qu’il y a principalement trois choses. La première c’est la joie, pas forcément extérieure, de pouvoir se rassembler le dimanche auprès d’une communauté qui devient un peu une seconde famille. J’apprends doucement à connaître les gens et à les accompagner. Comme nous venons uniquement les week-ends, cela se fait sur la longueur, mais beaucoup sont très attentifs à mon bien-être et je les en remercie d’ailleurs. Cette joie de retrouver les communautés ne m’a jamais quitté que ce soit à Huy, à Loncin ou ici à Aywaille. La deuxième, ce sont les prêtres exemplaires que j’ai pu croiser dans ma formation. être formé auprès d’un prêtre, cela nous permet de discuter et d’enrichir mutuellement nos points de vue. Dans ces différentes paroisse, le témoignage des prêtres âgés, qui sont toujours souriants et discrets, en participant simplement à la messe du dimanche par exemple, reste aussi très important (je pense à l’abbé Jean-Claude Soyeur à Huy ou à l’abbé Jean Godard à Loncin). Oui, on peu être un prêtre âgé et être heureux ! Cela me semble très important de s’en rendre compte. Merci à nos ainés. Une troisième et dernière chose, c’est simplement prendre conscience que c’est toujours très utile d’être prêtre aujourd’hui. Par exemple pour célébrer la messe avec les membres de l’UP, mais aussi pour tous ces moments de passage comme les funérailles, les mariages ou les baptêmes. Le prêtre reste encore, et je le vois quotidiennement, une personne de repère, qui accompagne les personnes de la naissance à la mort. Cela donne du sens à ma vocation. On dit souvent que le prêtre se sanctifie en sanctifiant les autres et c’est en voyant directement sur le terrain que c’est vrai que ma décision s’affirme de plus en plus !

  1. Tu étudies au Séminaire de Namur, avec d’autres candidats à la prêtrise. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Le séminaire, c’est plus qu’une école, un lieu de formation, c’est un lieu de vie. Nous avons pour la majorité d’entre-nous, sept ans d’études à faire. Clairement, si on voit ce lieu uniquement comme un lieu de formation, on se trompe et ce seront des années interminables, et que nous ne finirons pas d’ailleurs. Le Séminaire est le lieu ou nous pouvons faire germer tout ce qui devra fleurir pour notre communauté plus tard. On est aidé dans cela par quatre piliers principaux et s’équilibrant mutuellement :

  • La formation intellectuelle : bien sûr, nous restons étudiants, en formation, et nous le serons toute notre vie. C’est le lieu ou l’on apprend l’histoire de l’Eglise, ou l’on cherche à comprendre comment une personne morte pour nous il y a 2000 ans nous sauve encore aujourd’hui !

  • La formation communautaire : On a l’occasion au séminaire de prendre des temps d’échanges entre nous et ainsi au bout du compte de vraiment bien nous connaitre les-uns les-autres. Chacun est attentif au bien-être de l’autre. C’est en quelques sortes un reflet de ce que nous vivrons en paroisse plus tard. La vie communautaire est exigeante, mais elle permet aussi de polir nos angles.

  • La formation pastorale : c’est la finalité de la formation. On entre au séminaire pour en sortir un jour. C’est pourquoi dès le début de la formation au séminaire, nous sommes en parallèle dans des lieux de stage. Cela permet aussi de prendre la décision de continuer la formation en sachant ce que c’est réellement être prêtre.

  • La formation spirituelle : c’est vraiment ce qui nous différencie d’une université et c’est en même temps le lieu d’unification par excellence de la personne humaine. Les temps de prière, d’adoration et, par-dessus tout d’eucharistie que nous avons nous permettent de déposer nos difficultés aux pieds du Seigneur et de discerner ce qui portera du fruit ou non. C’est vraiment le ciment des pierres que nous voulons poser afin de construire l’église du Seigneur.

  1. Après quelques mois dans l’UP Ekklesia, quel regard portes-tu sur nos communautés chrétiennes ? Quel(s) défi(s) aimerais-tu relever puisque tu devrais passer encore deux années avec nous ?

Un regard bienveillant est positif ! Notre UP est rurale et j’ai l’impression que nous avons pu y préserver une certaine familiarité entre nous grâce à cela. Nous ne sommes pas dans la course des grandes villes, chacun prend le temps. Nous collaborons avec des personnes qui sont bien ancrées, qui savent ce qu’elles veulent et qui nous le font savoir. C’est bien qu’il n’y ait pas de langue de bois et que tout le monde puisse s’exprimer. Je sens que les communautés sont très attentives les unes envers les autres et c’est pour moi un élan qu’il faut continuer à cultiver voire à amplifier !

Je ne serai pas capable à moi tout seul de les relever, mais je pense qu’il y a des enjeux qui se jouent dans deux pôles principaux et auxquels je suis attentif :

  1. Le rassemblement des communautés : Je sais, ce n’est pas évident, mais il faut être lucide, les prêtres ne peuvent plus maintenir pour très longtemps encore une messe dans toutes les églises du coin. Il va falloir penser à rassembler nos communautés de plus en plus souvent. Une crainte légitime veut qu’en rassemblant, on perde nos spécificités et nos racines, mais ce n’est pas le cas avec la foi chrétienne ! Ce qui compte, dans nos lieux de célébrations, ce sont avant tout la réception des sacrements et les rencontres que nous faisons entre baptisés (ou non d’ailleurs). Il y a d’ailleurs une grande réflexion sur l’avenir des églises qui se joue actuellement et, à mon sens, il nous faut apprendre à nous attacher aux sacrements et aux personnes avant les pierres.

  2. L’accompagnement des jeunes : Ici aussi, ce n’est pas évident, et beaucoup de choses ont déjà été tentées par le passé. C’est pourquoi j’aborde ce sujet avec humilité. C’est un vrai questionnement pour nous (quand je dis nous, je m’adresse à vous tous les paroissiens aussi !! ) de chercher à faire connaitre le Christ et à intégrer plus de jeunes à nos célébrations dominicales et simplement à en croiser plus de temps en temps.

Pour le reste, je ne suis ici à Aywaille que depuis le mois de septembre, et nous vivons un confinement qui m’empêche de continuer plus loin cette analyse des défis à relever.

  1. Un petit mot pour la route ?

N’ayons pas peur de notre foi ! Osons interpeler les jeunes et leur proposer le chemin du sacerdoce au même titre que celui d’un autre métier. C’est trop facile de soutenir le fils séminariste du voisin tant que ce n’est pas le mien !

Je suis aussi très sensible aux difficultés que l’UP subit maintenant à cause du confinement (qui est bien sûr nécessaire) que ce soit au niveau psychologique, financier ou sacramentel. Tous les jours au séminaire, nous avons un temps d’adoration pour le monde et je confie chacun au Seigneur !

Que notre Dame de Dieupart veille sur chacun d’entre-nous !

Merci de prier pour moi, Guillaume

Si vous souhaitez nous soutenir dans notre formation ou en savoir plus sur la vocation du prêtre, voici quelques liens utiles :