Il vient !

Homélie pour le 2e dimanche de l’Avent B – 6 décembre 2020

La nuit dernière, beaucoup d’enfants ont préparé dans leur cœur et dans leur maison le chemin pour… Saint Nicolas ! J’espère qu’ils ont été sages et que le grand Saint ne les a pas oubliés.
Quel rapport avec l’Avent ? me direz vous. Et bien c’est l’attente active.

Nous attendons la venue du Seigneur, mais pour cela nous devons nous remuer : pas question d’attendre le retour du Seigneur dans la résignation et l’inaction.
Certes, il viendra comme un voleur, nous écrit Saint Pierre. Mais le même apôtre nous rappelle quels hommes (femmes) nous devons être : vivre dans la sainteté et la piété pour hâter l’avènement du Jour de Dieu. Ciel nouveau et terre nouvelle, mais pas sans nous !

L’évangile de Marc reprend les mots d’Isaïe, le grand prophète : « préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ».
Les ravins, ceux de nos manques, doivent être comblés : pensons à nos manques de charité, de fraternité… aussi nos oublis de rencontrer Dieu dans la prière. Le temps de l’Avent, Jean Baptiste nous le rappelle, est un temps favorable pour rencontrer Dieu plus régulièrement, plus intensément. Mais aussi pour nous rapprocher des autres, même si les règles de confinement nous retiennent. C’est le moment d’être inventifs, innovants, pour rencontrer les autres, leur manifester notre présence, notre amitié… quand même !
Et les montagnes, celles de notre orgueil qui prend parfois la dimension d’un obstacle infranchissable… il s’agit de les abaisser. Pas seulement pour nous permettre d’avancer. Mais d’abord pour laisser la place au Seigneur qui vient.

Car c’est bien le « commencement de la Bonne Nouvelle (euaggelion) de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Celui dont Jean Baptiste ne se sent pas digne de s’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales… Celui qui nous baptisera dans l’Esprit Saint.

L’Avent, ce n’est pas la préparation d’un réveillon, ni même d’une fête de famille (aussi importante soit-elle). L’avent, c’est l’attente active d’un avènement : celui du Christ, le fils de Dieu.
Et il compte sur nous pour être des petits Jean Baptiste qui interpellent, qui témoignent en abaissant les collines et en comblant les ravins qui nous séparent de Celui qui vient.

Nous allumons ce dimanche une deuxième bougie sur nos couronnes d’avent. N’est-ce pas celle de la patience de Dieu ? Nous chantons souvent à Noël « depuis plus de quatre mille ans… nous attendions cet heureux temps ». N’est-ce pas plutôt Dieu qui nous fredonne aujourd’hui : « depuis si longtemps je patiente, car je ne veux pas en laisser quelques uns se perdre, mais que tous parviennent à la conversion » ?

Alors levons-nous aujourd’hui, élevons la voix. Ne revendiquons pas pour nous, mais annonçons, par notre vie, par notre amour de Dieu et des autres, par la fraternité entre nous… « Voici votre Dieu ! Il vient ! »

Jean-Pierre Leroy