Je suis dans la joie… toujours

Homélie pour le 3e dimanche de l’Avent dans l’année B – 13 décembre 2020

Comment affirmer que l’on « est dans la joie » dans les circonstances présentes ?…
Certes, nous pouvons nous réunir enfin pour célébrer ensemble l’eucharistie… mais à quinze seulement…
La chute du nombre de cas de Covid 19, d’hospitalisations, entamée peu après les mesures de ce deuxième confinement, se tassent un peu et n’augurent pas encore de la libération tant attendue.
La crise économique qui résulte(ra) de cette crise sanitaire montre toujours plus ses ravages présents et à venir.

Pourtant, l’apôtre Paul insiste auprès des Thessaloniciens (cette lettre est probablement l’écrit le plus ancien du nouveau Testament) : « Soyez toujours dans la joie ! »
C’est que les périodes de troubles, d’inquiétude se sont succédé tout au long de notre histoire humaine. Isaïe, Paul, Jean Baptiste, en leur temps, et nous, aujourd’hui, en sommes témoins.
Chaque fois l’inconfort règne, de même l’angoisse survient, et les menaces pleuvent .
L’exhortation de Paul réside en trois propositions :
« Soyez toujours dans la joie », « Priez sans cesse », « Rendez grâce en toutes circonstances »

Mais comment ? Et pourquoi ?
Jean Baptiste nous répond peut-être quand il annonce à ceux qui sont venus l’interroger  : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. »
C’est bien la présence de Jésus au milieu de son peuple, au milieu de nous qui éveille notre joie ; c’est sa présence à nos côtés « tous les jours jusqu’à la fin des temps » qui nous réconforte dans les épreuves.
Parfois notre joie est comme anesthésiée par nos souffrances : Jésus vient la réveiller par sa présence.
Ce ne sont pas d’abord nos efforts qui la suscitent, mais bien le cadeau (la grâce) que Dieu nous fait.

C’est pourquoi l’apôtre nous invite à « rendre grâce en toutes circonstances ».
Et là, nous pouvons apporter notre contribution : pourquoi pas repérer chaque jour trois raisons de dire merci, que ce soit à d’autres, à nous même ou à Dieu ?
Ce petit exercice peut changer notre regard sur le monde et sur la crise que nous traversons… car il y aura une fin au bout du tunnel !

Enfin, prier sans cesse… demander de pouvoir accueillir l’Esprit reçu lors de notre baptême et de notre confirmation ; oser lui ouvrir vraiment notre cœur et notre vie.
C’est ce même Esprit qui est descendu sur Isaïe et l’a poussé à accomplir sa mission : annoncer la bonne Nouvelle, guérir, délivrer, libérer, proclamer une année de bienfaits.
Ce même Esprit a suscité Jean Baptiste et l’a envoyé baptiser dans l’eau tous ceux qui voulaient se convertir.
« Abaisser les montagnes de l’orgueil et combler les ravins de nos manquements. »
Ce même Esprit veut faire germer en nous les semences qu’il y a déposées : celles du Royaume de Dieu.

Oui, Noël que nous attendons : la fête, la joie, l’émotion devant la crèche…
Mais aussi Noël que nous redoutons : comment le fêter cette année ?
Noël n’est pas le point final de notre cheminement d’Avent… non.
Le but, l’horizon, c’est le renouveau de notre terre, de notre monde, de nous-mêmes.
Comme la terre fait « éclore son germe, Dieu veut faire éclore le germe de la Joie que l’Esprit a déposé en nous.
Donc, soyons dans la joie… toujours !

Jean-Pierre Leroy

Ekklèsia… décembre 2020

Dès lundi, la Poste distribuera le nouveau numéro du journal paroissial.
Vous pouvez déjà en prendre connaissance sur notre site en cliquant sur ce lien.

Vous y trouverez un horaire des messes à partir du 20 décembre…
Celles-ci, bien sûr, ne reprendront qu’après autorisation des autorités sanitaires !
Espérons pouvoir célébrer Noël dans nos églises.
Si cela n’est malheureusement pas possible, nous prierons chez nous,
en communion toute spéciale avec tous ceux qui y sont – de toute façon – obligés par le travail, la situation socio-économique, la maladie,… et toute autre raison d’exclusion que nous souhaitons combattre au nom de Celui qui vient naître à Bethléem, petit enfant déposé dans la mangeoire de la Maison du Pain.

Il vient !

Homélie pour le 2e dimanche de l’Avent B – 6 décembre 2020

La nuit dernière, beaucoup d’enfants ont préparé dans leur cœur et dans leur maison le chemin pour… Saint Nicolas ! J’espère qu’ils ont été sages et que le grand Saint ne les a pas oubliés.
Quel rapport avec l’Avent ? me direz vous. Et bien c’est l’attente active.

Nous attendons la venue du Seigneur, mais pour cela nous devons nous remuer : pas question d’attendre le retour du Seigneur dans la résignation et l’inaction.
Certes, il viendra comme un voleur, nous écrit Saint Pierre. Mais le même apôtre nous rappelle quels hommes (femmes) nous devons être : vivre dans la sainteté et la piété pour hâter l’avènement du Jour de Dieu. Ciel nouveau et terre nouvelle, mais pas sans nous !

L’évangile de Marc reprend les mots d’Isaïe, le grand prophète : « préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ».
Les ravins, ceux de nos manques, doivent être comblés : pensons à nos manques de charité, de fraternité… aussi nos oublis de rencontrer Dieu dans la prière. Le temps de l’Avent, Jean Baptiste nous le rappelle, est un temps favorable pour rencontrer Dieu plus régulièrement, plus intensément. Mais aussi pour nous rapprocher des autres, même si les règles de confinement nous retiennent. C’est le moment d’être inventifs, innovants, pour rencontrer les autres, leur manifester notre présence, notre amitié… quand même !
Et les montagnes, celles de notre orgueil qui prend parfois la dimension d’un obstacle infranchissable… il s’agit de les abaisser. Pas seulement pour nous permettre d’avancer. Mais d’abord pour laisser la place au Seigneur qui vient.

Car c’est bien le « commencement de la Bonne Nouvelle (euaggelion) de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Celui dont Jean Baptiste ne se sent pas digne de s’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales… Celui qui nous baptisera dans l’Esprit Saint.

L’Avent, ce n’est pas la préparation d’un réveillon, ni même d’une fête de famille (aussi importante soit-elle). L’avent, c’est l’attente active d’un avènement : celui du Christ, le fils de Dieu.
Et il compte sur nous pour être des petits Jean Baptiste qui interpellent, qui témoignent en abaissant les collines et en comblant les ravins qui nous séparent de Celui qui vient.

Nous allumons ce dimanche une deuxième bougie sur nos couronnes d’avent. N’est-ce pas celle de la patience de Dieu ? Nous chantons souvent à Noël « depuis plus de quatre mille ans… nous attendions cet heureux temps ». N’est-ce pas plutôt Dieu qui nous fredonne aujourd’hui : « depuis si longtemps je patiente, car je ne veux pas en laisser quelques uns se perdre, mais que tous parviennent à la conversion » ?

Alors levons-nous aujourd’hui, élevons la voix. Ne revendiquons pas pour nous, mais annonçons, par notre vie, par notre amour de Dieu et des autres, par la fraternité entre nous… « Voici votre Dieu ! Il vient ! »

Jean-Pierre Leroy