Message de notre évêque…

… en ce temps de confinement dû au coronavirus.

Jamais sans doute depuis la dernière Guerre mondiale nous n’avons ressenti à ce point notre fragilité ni vécu aussi intensément une épreuve collective. La crise du coronavirus dans sa deuxième vague assaille toute la société et ne se concentre pas sur un secteur précis. Les enfants sont moins touchés, heureusement. Les autorités civiles ont pris la décision courageuse de confiner la population, de la manière la plus humaine possible. Comment assumer ce confinement ?
Que sommes-nous en train de vivre ? Comment l’évangile nous éclaire-t-il ? Comment réagir sans nous laisser submerger ? Quelle espérance globale apporter ?

  1. Que sommes-nous en train de vivre ?
    La pandémie entraîne de grandes souffrances et suscite de grandes peurs. Pour les personnes atteintes de la Covid, les souffrances se prolongent parfois et s’aggravent ; certains malheureusement y laissent la vie ; tous doivent se battre pour résister ; beaucoup, par bonheur, en sortent progressivement guéris. L’angoisse de la mort fait alors place à une grande joie, pour ceux qui sont « passés par la grande épreuve » et pour leurs proches qui les ont aidés. Les personnes contaminées vivent une grande solitude et une mise à l’écart ; certaines éprouvent un sentiment de culpabilité. Sachons les contacter et les aider de notre mieux.
    Ceux qui ne sont pas malades de la Covid peuvent souffrir pour d’autres raisons. C’est spécialement le cas des familles, des jeunes et des personnes âgées. Les familles se retrouvent confinées et parfois désœuvrées, ce qui suscite des tensions inattendues. Les jeunes sont privés de la sociabilité dont ils ont grand besoin et souffrent de la fermeture des écoles. Les personnes âgées se retrouvent davantage isolées et privées de visite, ce qui pèse sur leur moral. Les personnes précarisées deviennent plus pauvres. Les commerçants se retrouvent parfois sans revenu. De nouvelles pauvretés apparaissent.

    Pour les personnes qui accompagnent les malades, la tâche est rude et pénible. Le personnel hospitalier et médical est au maximum de ses forces et de ses efforts. Mais chacun de nous est aussi mis à contribution pour soutenir les malades de son entourage. Cela entame nos forces et pèse sur notre moral. Les prêtres, les diacres et les équipes de deuil, en particulier, sont en première ligne pour affronter ces situations et rencontrer les familles éprouvées. Les équipes d’aumônerie d’hôpital et de prison font un travail exceptionnel de présence là où c’est possible et consolent les malades par l’amitié et la prière. Elles le font au nom de l’Église. À travers elles, c’est toute l’Église qui est présente et bien branchée sur Dieu. Elles sont accompagnées par la prière et le soutien de tous ceux qui se préoccupent des malades. Elles vivent leur mission avec les autres citoyens engagés dans ces secteurs, le secteur des soins et le secteur de la solidarité.

    Pour tous ceux qui ont des responsabilités pastorales, le découragement ou la lassitude peuvent peser à certains moments face à l’ampleur des initiatives à prendre, au nombre de personnes à accompagner, aux célébrations à assumer (ou à ne plus assumer). Parfois, cela se reporte sur notre corps, sur notre sommeil, sur notre digestion, sur notre système nerveux, cela accentue nos faiblesses naturelles. Demandons au Seigneur de pouvoir supporter cela avec sa force et avec le secours de nos proches. Le partage de la parole et des sentiments nous aide à garder la forme physique nécessaire pour résister au découragement. Portons-nous les uns les autres dans l’expression de nos épreuves et portons dans la prière ceux d’entre nous qui sont dans la souffrance, en particulier nos ainés qui sont malades ou très âgés, ainsi que celles et ceux qui viennent de l’étranger.

    Pour chacun de nous la privation de célébrations, l’absence de réunions et la suspension de nombreuses activités vont tomber dur. On sera privé de sacrements, de communion, de liturgies. Il faudra reporter de nouveau des célébrations prévues. Cela est frustrant pour tous. Cela nous rappelle combien sont importantes nos rencontres quand nous avons la chance de pouvoir les vivre librement. Et combien l’esprit de communauté doit toujours être travaillé.
  1. Comment le Christ nous éclaire-t-il ?
    Ce pic de la pandémie et ce confinement tombent au jour de la Commémoration des fidèles défunts, comme le premier pic était tombé le vendredi saint de cette année 2020. Ce cadre de prière nous invite à nous tourner vers le Seigneur dans la foi. Mais notre foi est fragile : comment croire vraiment à la vie éternelle et à la résurrection des morts, à l’ère de la technologie ? Mais comment ne pas croire au message d’amour du Christ qui sauve l’humanité de ses errements et de ses fautes ? Nous ressentons son Esprit à l’œuvre dans les multiples initiatives qui sont prises ces derniers temps et dans le dévouement d’innombrables personnes. Seule la foi en un Dieu père, qui fait de nous tous des frères et des sœurs peut sauver l’humanité. Et cette foi transcende la mort. Comme le dit le Christ dans l’Apocalypse, en présentant la Jérusalem nouvelle (lecture au choix pour la Commémoration des fidèles défunts) : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera avec eux et ils seront ses peuples. Et lui-même, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur. Les premières choses s’en sont allées. Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21,3-5).
    Cette espérance nous guide et nous inspire. Par nos gestes et nos actions nous entamons dès maintenant cette cité nouvelle que nous promet l’Apocalypse. Prions pour nous associer à ce grand projet du Christ pour l’humanité. La prière nous permet de nous unir à toute l’humanité pour participer à la création de ce monde nouveau.
  1. Comment réagir sans nous laisser submerger ?
    En ligne de fond, nous voulons travailler aux initiatives de solidarité et de proximité pour ceux qui en ont le plus besoin.
    Dans le secteur des soins de santé, les soignants ne veulent pas que les choses se passent comme lors de la première vague, où l’isolement des malades était total ; c’est pourquoi, on a instauré des autorisations de visite pour les personnes en fin de vie, en particulier au bénéfice des aumônières et aumôniers. Cela montre que l’on a tiré la leçon autour de ce moment si important qu’est la fin de vie. De même, les structures hospitalières ne veulent pas devoir choisir qui soigner, car c’est à l’inverse de leur mission et de leur idéal. Il revient à chacun de nous en respectant les consignes, d’aider à ne pas arriver à cette situation qui meurtrirait les plus vulnérables mais aussi ceux qui ont la passion et la dure ascèse de soigner.
    Dans le secteur social, le Vicariat Évangile & Vie appuie les projets permettant d’héberger davantage de personnes sans domicile fixe durant le plan grand froid. Il soutient avec le Vicariat de la Santé l’initiative d’une plateforme téléphonique permettant une écoute permanente des personnes souffrant de solitude. Il lance avec Caritas Secours Liège des projets d’aide sociale de proximité notamment pour soutenir les courses alimentaires. Il appuie les Services sociaux des paroisses et des doyennés en lançant un appel pour engager de nouveaux bénévoles et rester solidaires. Il encourage les aumôniers de prison et leurs équipes. 
    Le Vicariat de l’Accompagnement des acteurs pastoraux est disponible pour aider les prêtres et les autres acteurs pastoraux dans leurs difficultés personnelles. La pandémie peut accentuer les sensibilités et les difficultés de chaque personne engagée sur le terrain pastoral. Elle peut provoquer des crises, des conflits, des ruptures. La fraternité sacerdotale et la fraternité diaconale sont stimulées dans cette situation. Les prêtres, les diacres et les AP sont invités à contacter leurs voisins et leurs collègues proches. La Sous-Commission pour la santé des prêtres (SoCoSaP) est spécialement attentive à recevoir les informations et à donner des conseils. La situation du confinement va entraîner chez les prêtres et les acteurs pastoraux un bouleversement des habitudes. Beaucoup de réunions tomberont ; il faudra travailler par vidéo-conférence et par courrier. On va se retrouver face à une solitude inattendue et pas facile à assumer.
    Le Vicariat Annoncer l’Évangile a déjà annoncé la toute prochaine publication de nouvelles catéchèses à vivre à la maison. Il proposera également sous peu des célébrations domestiques pour le temps de l’Avent et, le cas échéant, la fête de Noël, comme celles envoyées à Pâques. La CIPL travaille d’ores et déjà à un flyer qui sera largement diffusé pour un temps de prière devant la crèche, à l’église ou à la maison. Il est possible de retransmettre des célébrations en streaming sur YouTube ou Facebook, avec un maximum de dix personnes présentes. Radios et TV continueront d’apporter réconfort et soutien à nos vies de prière. Comme lors de la première vague, de nombreuses initiatives peuvent être prises pour entretenir notre communion spirituelle.
    Au Vicariat « Chemins de foi et formations chrétiennes », le Centre diocésain de formation (CDF) donne ses cours à distance. Le Service diocésain des jeunes (SDJ) va faire des animations quotidiennes sur YouTube pour les jeunes qui auraient dû aller à Taizé en pèlerinage. La librairie Siloé reste ouverte : l’on peut venir sur place (40 rue des Prémontrés, 4000 Liège, tél. 04 223 20 55) ou faire des commandes car c’est le moment idéal pour se ressourcer et lire des livres de spiritualité ou de théologie. Dans l’enseignement, les écoles sont fermées jusqu’au 15 novembre. Des projets pastoraux se mettent en place pour Noël.
    Pour la Vie Consacrée, une lettre collective sera envoyée chaque semaine pour soutenir la vie des religieuses et des religieux.
    Le Chantier Paroisses garde le suivi de toutes les Unités pastorales et continue son activité. Il veillera à favoriser l’accueil dans les églises, qui restent ouvertes pour la prière et la méditation personnelle, même s’il ne peut y avoir de célébration.

    Dans la vie quotidienne, chaque geste qui établit la relation compte, a du poids et dit le poids de chaque humain pour Dieu. Tout a sa valeur : un coup de fil, une lettre, un mail, une visite devant la maison. La créativité est de mise pour chacun, particulièrement vis-à-vis des personnes isolées, âgées, précarisées, malades ou endeuillées.
  1. Quelle espérance globale apporter ?
    En tant qu’Église, nous sommes porteurs de solidarité et de fraternité : nous découvrons combien nous en avons vraiment besoin maintenant. Nous devons également découvrir Dieu comme celui qui nous appelle, qui nous procure un idéal et nous donne la force de faire face aux problèmes. C’est ce message d’espérance que nous devons apporter. Nous ne devons pas seulement nous focaliser sur les pourcentages d’infections, mais aussi chercher des orientations pour l’avenir. C’est là que le message chrétien apparaît dans son authenticité. Face à la finitude, à la souffrance et à l’échec, nous continuons à nous demander : qu’est-ce qui est essentiel dans la vie ? Alors nous découvrons que l’amitié et la spiritualité peuvent vraiment aider. Nous devons donc apporter le message évangélique dans notre monde d’une manière renouvelée et différenciée. C’est ce que j’ai lancé comme projet en octobre 2019 par ma lettre pastorale sur la mission, intitulée « Va vers le pays que je te montrerai ».
    Le monde prend conscience de la nécessité d’une coopération internationale, par exemple pour les vaccins. À l’avenir, nous devrons donc faire preuve de plus de solidarité, car nous sommes également plus vulnérables. Nous découvrons que la mondialisation entraîne aussi une grande fragilité. Si un virus pénètre dans le système, c’est tout le système qui est ébranlé. Nous devrons disposer d’institutions mondiales solides et assumer la responsabilité de l’ensemble de l’humanité et du cosmos tout entier, en particulier en matière de transition écologique.
    Nous devons prier pour que ces épreuves s’écartent, mais nous ne devons pas oublier toutes les autres épreuves de l’histoire : le tremblement de terre en Turquie et en Grèce, les assassinats islamistes en France et en Autriche, le drame des réfugiés en Lybie ou en Grèce, etc. Toutes ces épreuves peuvent être des tremplins pour un avenir meilleur. Ainsi la Grèce et la Turquie se sont rapprochées pour affronter les conséquences du tremblement de terre ; et les musulmans et les catholiques de Bruxelles se sont réunis samedi 31 octobre à la cathédrale pour proclamer leur respect de la personne humaine. Espérons que la Covid nous fera mettre en œuvre de nouvelles solidarités, qu’elle nous obligera à resserrer nos liens au niveau national et qu’elle contribuera à conscientiser le monde sur les mesures à prendre pour protéger les populations contre les dérives technologiques et matérialistes.

Jean-Pierre Delville
évêque de Liège
le 2 novembre 2020

Retrouvez ici le texte de la prière de Mgr Delville
« Pour sortir de la crise sanitaire »

Christ roi !

Homélie pour le 34e dimanche dans l’année A – 22 novembre 2020

1. Dans la deuxième lecture et l’évangile, on nous parle beaucoup de la puissance, du pouvoir de Dieu… « pouvoir royal »… « régner »… « le fils de l’Homme viendra dans sa gloire »…
Et cela peut nous heurter : dans un mois, nous contemplerons Dieu dans son humilité,petit enfant dans la crèche de Bethléem. Mais aujourd’hui, la liturgie tourne notre regard vers la fin des temps et le retour du Christ dans sa gloire. Cette fête du Christ-Roi nous plonge au terme de l’histoire, quand Dieu sera « tout en tous ».
Mais en attendant, les hommes ont reçu les talents que le Maître leur a confiés (souvenez vous de la parabole de la semaine dernière). A eux, (à nous) de transformer le monde, de le rendre plus divin… donc plus humain !

Le talent que nous avons tous reçu, n’est-ce pas le talent de l’Amour, être aimé et aimer ?

2. Quand l’amour s’étale dans nos médias, c’est souvent sous ses formes les plus héroïques, les plus exceptionnelles.
Mais quand Jésus nous raconte le jugement dernier, il nous dit que Dieu reconnaîtra les siens à l’amour le plus quotidien, le plus ordinaire ! Comme l’amour que le berger porte aux brebis de son troupeau…
donner à manger, donner à boire, accueillir, habiller, visiter… quoi de plus élémentaire ? Quoi de plus ordinaire ?
Et même, ils s’étonnent, ceux qui ont été reconnus : « quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »
En un mot, une expression, on pourrait résumer tous ces mots d’amour par celui-ci : « prendre soin ».

Comment, en ce temps de pandémie, ne pas penser à tous ces soignants ?
Les professionnels, bien sûr. Dans les hôpitaux, les maisons de repos, et aussi à domicile… Et puis les bénévoles : aidants proches, ou voisins qui se soucient des autres, vont faire des courses ou donnent un coup de fil…

Je ne peux pas penser à tous ceux qui seront reconnus par le Seigneur si j’oublie Philippe LE HUU. Les pèlerins de Lourdes le connaissent depuis des années.

Lorsque le train des liégeois arrive en gare de Lourdes, il était déjà là pour nous accueillir. Lui qui habitait Aix-en-Provence avait été « adopté » par notre pélé annuel à Massabielle. Avant les processions, les célébrations, les conférences qui jalonnent nos cinq jours de pèlerinage à Lourdes, Philippe allait à la Source remplir ses bouteilles. Ensuite, il parcourait les allées des malades et des pèlerins valides pour leur proposer un verre d’eau. Il y a quelques jours, sa famille nous a annoncé le décès de Philippe.
Sûrement, là-bas, le Maître, l’unique Berger lui dira : « j’avais soif et tu m’as donné à boire… entre dans la joie de ton Maître ! »

3. Dans le journal « Dimanche », le confrère qui commente l’évangile de ce jour remarque ceci : on parle bien des brebis et des boucs. Or, dans un troupeau, il y a beaucoup de brebis… et très peu de boucs. Et si nous ne devions pas nous demander si nous serons avec les brebis ou les boucs ? À la droite ou à la gauche du Seigneur ? Si nous étions les deux à la fois ?

Car, en fait, qui pourrait prétendre avoir toujours pris soin de son prochain ? Et qui serait assez mauvais pour n’avoir jamais offert à manger ou à boire, une visite ou un vêtement ? Dans la saga « Harry Potter », le maître qui offre un vêtement à son Elfe de maison lui rend sa liberté…
Dans l’évangile, celui qui vêt une personne nue est invité à entrer dans la joie de son Maître !

Nous avons tous un côté droit, bienveillant et bienfaisant. Tout n’est pas à jeter en nous… Et nous avons tous un côté gauche qui rechigne à partager, à donner, à se donner. Tout n’est pas à magnifier en nous…
Mais la bonne nouvelle de cette parabole, n’est-ce pas qu’il y a en chacun de nous plus de brebis que de boucs ?

« Chaque fois que vous l’avez fait… c’est à moi que vous l’avez fait ! »

Si, à la fin des temps, Christ viendra dans sa puissance et dans sa gloire…
sa vie terrestre nous a révélé un Dieu qui se fait petit et humble.
Il a fait du bien aux petits, aux malades, aux affamés ; il a promis son Royaume aux pauvres ; et avant de mourir il a promis à un condamné à mort de l’accueillir dans son paradis !
Nous aussi, faisons comme Lui pour être vraiment ses disciples, c’est ainsi que nous pourrons être en communion avec lui… surtout en ce temps de jeûne eucharistique où la communion à son Corps nous est inaccessible.

Jean-Pierre Leroy

Ne restons pas endormis… mais soyons vigilants

Homélie pour le 33e dimanche dans l’année A – 15 novembre 2020

Andreï Mironov

Comme dimanche dernier, la parabole de ce jour met en scène un Dieu absent. Il y a huit jours, il était l’Époux que l’on attendait… en s’endormant.
Aujourd’hui, il est le Maître qui nous a confié ses talents !
Ayons tout de suite en perspective que le talent était une monnaie valant vingt-six kilos d’argent… une vraie fortune !

Aujourd’hui, comme au temps de ces paraboles, Dieu n’est pas très visible… tout semble remis dans les mains des femmes (les dix jeunes filles) et des hommes (les trois serviteurs). En réalité, Dieu est bien présent, mais incognito, car il est la source de nos efforts et il rend nos vies fécondes. Mais c’est bien notre liberté qui est en jeu. Dieu nous a confié le monde, il nous confie aussi ses talents… à nous de jouer : nous en sommes responsables !
Il ne s’agit donc pas d’être seulement vigilants, comme les jeunes filles de dimanche dernier, mais il nous faut agir pour faire fructifier les talents reçus.

1. Le Seigneur nous fait confiance ; ne cherchons pas des grâces extraordinaires : c’est souvent dans notre quotidien, comme la « femme parfaite » de la première lecture, que nous avons à déployer le don de Dieu.
Nous sommes des fils du jour, des enfants de la lumière : ouvrons les yeux sur ce que nous sommes vraiment devant Dieu ! Il nous appelés pour annoncer ses merveilles pour tous les vivants. Comme les enfants de première communion, nous pouvons crier : « Dieu fait pour nous des merveilles ! »
Nous pouvons être fiers des talents reçu, et particulièrement de sa Parole que Dieu nous a confiée pour que nous la fassions résonner en notre temps… même à distance de sécurité sanitaire.

2. Ce talent, cette Parole, nous ne pouvons pas nous contenter de l’enregistrer dans notre « play-list »… pas plus que de l’enfouir dans la terre : ce serait nous laisser dominer, emprisonner par nos peurs.
De la réception de ces dons résulte pour nous un droit mais aussi un devoir : « exercer ce(s) don(s) pour le bien des hommes et l’édification de l’Église, dans la liberté de l’Esprit saint ! (cf. Vatican II)
Certes nous pouvons avoir peur, c’est légitime ; les prophètes eux-mêmes et Jésus ont eu peur ! Mais c’est justement quand nous prenons conscience de nos limites que Dieu peut déployer en nous sa grâce.
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » s’écriait Saint Paul.

3. Le jour du Seigneur viendra… comme un voleur… et il nous demandera des comptes, comme le maître de la parabole. Il est éclairant de constater que le Maître se comporte comme les serviteurs l’imaginaient.
Les deux premiers considèrent leur Maître comme un partenaire, un associé qui leur a fait confiance : il reconnaît leur mérite et leur confie davantage. Le troisième regarde son Maître avec crainte : il y voit un exploiteur, un concurrent… et se fait reprendre même ce qu’il avait.
Remarquez que c’est souvent ainsi que le Tentateur nous présente Dieu : un concurrent qui veut nous voler notre liberté ; ne cédons jamais à cette tentation. Regardons Dieu pour ce qu’il est : un Père qui nous fait confiance et désire nous voir grandir sous son regard bienveillant.
Alors ne restons pas endormis… mais soyons vigilants et restons sobres !

Jean-Pierre Leroy

Carême de partage…

Nous n’étions déjà pas à l’église en mars-avril pour les collectes annuelles…
Nous ne pourrons pas nous rassembler non plus le 15 novembre, or nos évêques avaient proposé de consacrer la collecte de ce jour à Entraide et Fraternité pour ses projets dans le tiers-monde…
Les populations pauvres des pays du sud doivent faire face à de multiples crises. Celle du Covid-19 s’est dramatiquement ajoutée à celles-ci alors que n’existe pour elles aucun mécanisme de solidarité pour faire face à la pandémie. Elles ne peuvent compter que sur la fraternité universelle des croyants et croyantes. Nous ne pouvons les abandonner à elles-mêmes

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