en Quarantaine… avec Jésus

Homélie du 1er dimanche de Carême B – 21 février 2021

Nous voici donc au désert, 40 jours avec Jésus… à moins que ce soit 40 jours avec Noé dans l’arche, pendant le déluge… Pour les premières générations de chrétiens, c’était la même chose !
Jésus, comme Noé, nous emmène pour le combat spirituel, pour lutter contre le Mal. Le point culminant de ce chemin sera la vigile pascale, lorsque, avant de proclamer la foi de notre baptême, nous renoncerons au Mal.

L’évangéliste Marc est particulièrement succinct dans sa description du séjour de Jésus au désert !
(c’est son habitude pour la plupart des récits, d’ailleurs)
Il résume quarante jours de désert en deux phrases et trois propositions :

  1. L’Esprit saint pousse Jésus au désert, juste après son baptême dans le Jourdain… tiens, ça ne vous rappelle pas le peuple hébreu ? Eux aussi, après le baptême dans la Mer rouge, ils sont partis quarante ans dans le désert du Sinaï…
  2. Pendant quarante jours, Jésus est tenté par Satan…
  3. Dans le désert, il a pour « compagnons » les bêtes sauvages et les anges…

Reprenons ces trois propositions un peu plus en détail…

  1. Depuis un an, nous allons de désert en désert, de confinement en déconfinement, au gré des mesures de sécurité sanitaire. Ce passage au désert nous est imposé par la Loi et les circonstances : la pandémie.
    Mais le désert où Jésus nous emmène, c’est autre chose. Nous y allons en réponse à l’appel de l’Esprit saint. Et nous répondons librement à cet appel. Cette année, comme chaque année, il y aura des baptisés qui vivront avec nous le carême… et d’autres qui vivront sans y faire attention !
    Le baptême, écrit Saint Pierre, ce n’est pas être purifié de souillures extérieures, mais s’engager envers Dieu avec une conscience droite. Notre carême, ce n’est pas non plus une affaire de souillures extérieures… mais un engagement que nous prenons envers Dieu de tout notre cœur, et en toute conscience !

  2. Quarante jours (une quarantaine donc ; quadragésime disaient les Latins… carême!)
    Dans la Bible ,c’est le nombre des préparations, des conversions, des purifications.
    Il a bien fallu quarante jours de déluge pour purifier la terre, la libérer de ceux qui faisaient le mal… et la recréer avec Noé et sa famille, et toutes les familles animales emmenées dans l’arche. Dommage pour la licorne, qui d’après la chanson, avait oublié l’heure de l’embarquement !
    Il nous faudra bien quarante jours, nous aussi, pour nous libérer des entraves qui nous empêchent d’être totalement libres. Or nous sommes enfants de Dieu, libérés par lui lors de notre baptême. Mais il nous faut bien prendre du temps, chaque année, chaque semaine, et même chaque jour… pour laisser cette libération atteindre tout notre être, toute notre vie. Nous avons tant d’habitudes, de protections, de défenses…
    Pour y arriver, nous avons toujours la prière (nous ouvrir à Dieu dans le silence, ou en écoutant sa Parole), le jeûne (pas d’abord se priver de nourriture, mais peut-être d’autres choses que nous consommons trop, et qui nous empêche de laisser la place aux autres et à Dieu ! Il y a tant de choses dont nous devons nous priver depuis le temps de la pandémie… jeûner, c’est autre chose), enfin le partage (avec nos proches mais aussi les chrétiens du Tiers monde, particulièrement cette année la République démocratique du Congo, avec Entraide et Fraternité).

  3. Au désert, Jésus se trouve avec les bêtes sauvages et les anges le servent. C’est loin d’être une anecdote !
    Cette année, les premières lectures nous ferons revisiter les grandes Alliances de l’ancien Testament qui préparent l’Alliance conclue par Jésus sur la Croix. La première lecture d’aujourd’hui concerne Noé, après le déluge. C’est une alliance cosmique, elle lie Dieu avec toutes ses créatures : « aucun être de chair ne sera plus détruit par le déluge ! » Le Pape François nous a « replongés dans cette Alliance par son encyclique « Laudato sí » où il prône une « écologie intégrale ». N’oublions pas que certains « ultra » écologistes accusent les humains de tous les maux et les répertorient comme « créature de trop » en ce monde… alors que le projet de Dieu est une harmonie. Isaïe la décrit… Marc aussi en précisant que Jésus est au désert avec les « bêtes sauvages ». Les anges, messagers de Dieu, sont là pour nous rappeler que l’Alliance avec Noé lie Dieu avec les hommes et toutes les créatures. Ce qui est sûr, c’est que l’homme est capable de détruire la terre : nous le savons depuis Hiroshima ! Et les dérèglements climatiques actuels en rajoutent une couche !
    Ce dont nous pouvons être sûrs également, c’est que le Salut nous est garanti : « Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive ! »
    En vivant librement et intensément ce Carême, collaborons à la réalisation de ce salut : le Royaume est proche, et Dieu nous fait confiance, comme autrefois il a fait confiance à Noé et sa famille pour recréer la Terre et ses habitants.

Bon carême à tou.te.s !

Jean-Pierre Leroy

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