Christ roi !

Homélie pour le 34e dimanche dans l’année A – 22 novembre 2020

1. Dans la deuxième lecture et l’évangile, on nous parle beaucoup de la puissance, du pouvoir de Dieu… « pouvoir royal »… « régner »… « le fils de l’Homme viendra dans sa gloire »…
Et cela peut nous heurter : dans un mois, nous contemplerons Dieu dans son humilité,petit enfant dans la crèche de Bethléem. Mais aujourd’hui, la liturgie tourne notre regard vers la fin des temps et le retour du Christ dans sa gloire. Cette fête du Christ-Roi nous plonge au terme de l’histoire, quand Dieu sera « tout en tous ».
Mais en attendant, les hommes ont reçu les talents que le Maître leur a confiés (souvenez vous de la parabole de la semaine dernière). A eux, (à nous) de transformer le monde, de le rendre plus divin… donc plus humain !

Le talent que nous avons tous reçu, n’est-ce pas le talent de l’Amour, être aimé et aimer ?

2. Quand l’amour s’étale dans nos médias, c’est souvent sous ses formes les plus héroïques, les plus exceptionnelles.
Mais quand Jésus nous raconte le jugement dernier, il nous dit que Dieu reconnaîtra les siens à l’amour le plus quotidien, le plus ordinaire ! Comme l’amour que le berger porte aux brebis de son troupeau…
donner à manger, donner à boire, accueillir, habiller, visiter… quoi de plus élémentaire ? Quoi de plus ordinaire ?
Et même, ils s’étonnent, ceux qui ont été reconnus : « quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »
En un mot, une expression, on pourrait résumer tous ces mots d’amour par celui-ci : « prendre soin ».

Comment, en ce temps de pandémie, ne pas penser à tous ces soignants ?
Les professionnels, bien sûr. Dans les hôpitaux, les maisons de repos, et aussi à domicile… Et puis les bénévoles : aidants proches, ou voisins qui se soucient des autres, vont faire des courses ou donnent un coup de fil…

Je ne peux pas penser à tous ceux qui seront reconnus par le Seigneur si j’oublie Philippe LE HUU. Les pèlerins de Lourdes le connaissent depuis des années.

Lorsque le train des liégeois arrive en gare de Lourdes, il était déjà là pour nous accueillir. Lui qui habitait Aix-en-Provence avait été « adopté » par notre pélé annuel à Massabielle. Avant les processions, les célébrations, les conférences qui jalonnent nos cinq jours de pèlerinage à Lourdes, Philippe allait à la Source remplir ses bouteilles. Ensuite, il parcourait les allées des malades et des pèlerins valides pour leur proposer un verre d’eau. Il y a quelques jours, sa famille nous a annoncé le décès de Philippe.
Sûrement, là-bas, le Maître, l’unique Berger lui dira : « j’avais soif et tu m’as donné à boire… entre dans la joie de ton Maître ! »

3. Dans le journal « Dimanche », le confrère qui commente l’évangile de ce jour remarque ceci : on parle bien des brebis et des boucs. Or, dans un troupeau, il y a beaucoup de brebis… et très peu de boucs. Et si nous ne devions pas nous demander si nous serons avec les brebis ou les boucs ? À la droite ou à la gauche du Seigneur ? Si nous étions les deux à la fois ?

Car, en fait, qui pourrait prétendre avoir toujours pris soin de son prochain ? Et qui serait assez mauvais pour n’avoir jamais offert à manger ou à boire, une visite ou un vêtement ? Dans la saga « Harry Potter », le maître qui offre un vêtement à son Elfe de maison lui rend sa liberté…
Dans l’évangile, celui qui vêt une personne nue est invité à entrer dans la joie de son Maître !

Nous avons tous un côté droit, bienveillant et bienfaisant. Tout n’est pas à jeter en nous… Et nous avons tous un côté gauche qui rechigne à partager, à donner, à se donner. Tout n’est pas à magnifier en nous…
Mais la bonne nouvelle de cette parabole, n’est-ce pas qu’il y a en chacun de nous plus de brebis que de boucs ?

« Chaque fois que vous l’avez fait… c’est à moi que vous l’avez fait ! »

Si, à la fin des temps, Christ viendra dans sa puissance et dans sa gloire…
sa vie terrestre nous a révélé un Dieu qui se fait petit et humble.
Il a fait du bien aux petits, aux malades, aux affamés ; il a promis son Royaume aux pauvres ; et avant de mourir il a promis à un condamné à mort de l’accueillir dans son paradis !
Nous aussi, faisons comme Lui pour être vraiment ses disciples, c’est ainsi que nous pourrons être en communion avec lui… surtout en ce temps de jeûne eucharistique où la communion à son Corps nous est inaccessible.

Jean-Pierre Leroy

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