Bergers dans le sillage de l’unique Pasteur

En ce temps de Pâques, les extraits d’Évangile qui nous sont lus n’insistent guère sur ce qu’il faut faire (morale) mais ils nous invitent à devenir disciples, être du Christ, être chrétien !  Pendant ce temps de confinement, nous expérimentons que l’être a bien plus de valeur que l’avoir !

« Ce Jésus que vous avez crucifié », s’exclame Pierre au matin de Pentecôte, « Dieu le fait Seigneur et Christ ! »  Et lui se dit « bon berger », « porte des brebis ».
Nous invitant à ne pas nous contenter de croire qu’il a existé,
mais à faire l’expérience de la relation avec Lui, car elle est source de vie !
C’est en Lui, que nous (re)trouvons notre source.

Être chrétien aujourd’hui c’est croire en l’existence d’un Dieu qui s’intéresse à l’homme, pour qui nous sommes quelqu’un.
Pour nous, il désire devenir le berger, le gardien de nos âmes.

Dieu n’est donc pas le « voleur », une « menace » pour notre liberté, notre humanité !  Benoît XVI aimait dire : « Il ne prend rien, mais il donne tout ! »

La première lecture nous montre que, dès le début, Pierre et les disciples sont investis d’une mission.  Cette mission, c’est annoncer le Royaume que Jésus est venu inaugurer par son enseignement, par des signes, par des miracles, par sa présence au cœur du monde, proche de la vie des gens… surtout les plus pauvres et les malades !
Cette mission des apôtres commence au matin de Pentecôte.
Au long des siècles, elle a pris des tournures différentes, parfois opposées !

Aujourd’hui, certains considèrent cette mission « impossible » : pourquoi vouloir changer le monde, changer les autres, quand nous échouons le plus souvent à nous changer nous-mêmes ? Plutôt que le progrès ou la croissance du Royaume, c’est un « statu quo » que nous devons constater trop souvent… « non, non rien n’a changé » chantaient les Poppys…  Et pourtant, l’Esprit nous presse de collaborer à l’œuvre de Dieu ; et celle-ci ne s’est pas achevée au matin de Pentecôte, ni à la fin du moyen-âge ou à la révolution française. Celle-ci continue obstinément.  Le Maître ne nous a-t-il pas promis « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » ?

L’image du bon Pasteur nous révèle Jésus, le Christ, le Seigneur de notre foi.
Mais elle nous parle également de tous ceux qui exercent cette tâche du pasteur aujourd’hui, dans l’Église.  Mais quand nous pensons à nos pasteurs, évêques et prêtres, nous pensons le plus souvent en termes de manque, de crise. Depuis le début des années ‘60, nous parlons de « crise des vocations », et, de plus en plus face à l’ampleur de la tâche, du « manque de prêtres ». Nos prières se sont-elles perdues ?

On pourrait bien sûr ergoter, argumenter, comparer à des régions du monde où le manque est bien plus cruel.  On pourrait aussi donner des exemples de « réussite », de lieux où se pressent des jeunes pour se mettre au service de Dieu et de l’Église… mais cela serait finalement stérile : la porte resterait fermée sur un avenir radieux.

Il est important de dire notre manque, notre souffrance.
La première lecture ne nous apprend-elle pas que, suite au discours de Pierre, 3000 personnes ont rejoint la première communauté chrétienne ? Quelle croissance ! … à faire baver les économistes qui se lamentent sur la perte de croissance de notre PIB ! Mais il est vain de comparer la croissance des statistiques avec celle du Peuple de Dieu.  Cependant l’Église a bien pour vocation de grandir, de rassembler l’humanité entière dans la bergerie, à l’abri du loup et des bergers mercenaires. Parce que Dieu nous appelle à être « plus », à atteindre notre pleine dimension, à donner le meilleur de nous-même.

Sur ce chemin de croissance personnelle et communautaire, le baptême est la première de nos sources. Quoi d’étonnant ? Les premiers chrétiens se faisaient baptiser dans l’eau des rivières et des sources ; et nous parlons toujours des « fonts » (fontaine) baptismaux ! Dieu nous appelle par notre nom : nous comptons vraiment pour Lui.
Parmi les baptisés, certain.e.s sont appelés à tout donner et à vivre par leur consécration comme une parabole de communion (comme aimait dire Frère Roger de Taizé). D’autres encore reçoivent un appel à se donner davantage au service de la mission de l’Église. Ils seront eux aussi les bergers de leurs frères, dans le sillage de l’unique pasteur.

Si nous croyons vraiment, si nous comptons sur Dieu autant qu’il compte sur nous, nous pourrons demander, comme la foule : « Que devons-nous faire ? »
Peut-être est-ce mission impossible pour l’homme ? Mais rien n’est impossible à Dieu !  J’en suis témoin depuis trente deux ans au moins…

Jean-Pierre Leroy

Une réflexion sur “Bergers dans le sillage de l’unique Pasteur

  1. Isabelle Dorsinfang

    En ce jour des vocations… Un MERCI tout particulier à vous , Jean-Pierre, notre pasteur , qui avez consacré votre vie à guider le peuple de Dieu , que nous sommes. Que Dieu vous garde et que le Saint Esprit vous aide dans ce chemin de foi et d’espérance . 🙏 Isabelle

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